
Sénégal - La cascade de Dindéfélo ...
Au mois d’octobre 2013, nous avons, en compagnie de nos amis Michel et Fériel, Jean-Pascal et Anne-Marie, effectué notre première grande traversée du Sénégal, nous ont également accompagnés le fils de Michel, Euxane et notre fils Quentin, infirmier auprès de l'Ordre de Malte à Dakar. Nous avons formé un petit convoi de trois véhicules 4X4 pour nous rendre à Kédougou à près de 800 kilomètres de Dakar, notre point de départ...


Pour rejoindre notre objectif nous mettrons deux jours. Après une pose méridienne à Kaolack, « Au Brasero » chez Anouar où nous dégusterons un excellent poulet grillé, accompagné de la traditionnelle « Gazelle », notre point de passage systématique pour nos descentes vers le sud, nous reprendrons la route pour atteindre
Tambacounda et passer la nuit au « Relais de Tamba » où nous nous délasserons dans la piscine, après ces centaines de kilomètres parcourus sur une route défoncée, encombrée de poids lourds surchargés.
Conduire au Sénégal c'est une aventure en soi et un dépaysement déroutant et assuré !

De fait, cette "expérience" sur les joies de la route telles que nous les avons connues et expérimentées mérite un petit récit illustré.
Contrairement aux transports en commun avec lesquels chaque déplacement est tributaire des inévitables aléas et autres impondérables, tous plus improbables et inimaginables les uns que les autres, et toujours bien trop nombreux pour pouvoir prévoir quoi que ce soit… Utiliser son propre véhicule ( au sens propre comme au figuré) permet de rester "presque" maître de son destin, dans la "jungle" motorisée des "cars rapides", "bus", "clandos" (véhicules particuliers roulant sur des itinéraires souvent fixes), taxis ou Jakartas (moto-taxi), carioles...
Florilège des véhicules rencontrés et de l'état de la route au cours de notre expatriation...






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Je passerai rapidement sur la signalétique routière quasi inexistante, nombre de panneaux métalliques étant récupérés par les locaux.
Conduire au Sénégal n'est pas un exploit, mais n’est pas gage de sérénité et n'est pas sans danger non plus...
C’est la loi du plus fort qui s’applique, pas le code de la route... Alors il ne faut avoir aucun scrupule et ne jamais hésiter à se servir à outrance de son klaxon et de ses phares, les seuls moyens d’annoncer sa présence et de tenter de s’imposer... Toutefois, il convient de garder à l'esprit que l'on n'est pas chez soi, et qu'il vaut mieux freiner que de forcer son droit au passage...
Face à des camions chargés au-delà de l'entendement...
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Vis à vis des cars-rapides "investis d'une mission divine", avec des passagers dedans, dessus, sur les marchepieds... Et descendant en marche dès la destination atteinte...



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Auprès des taxis-brousse croulant également sous les passagers et le chargement...

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A l'approche des charrettes ou carioles bringuebalantes tractées par un cheval rachitique ou un pauvre âne chétif...





Et, je n'évoque pas la conduite de nuit...
Idéalement, il faudrait soit être un peu nyctalope, soit avoir des lunettes à vision nocturne infrarouge, pour pouvoir distinguer suffisamment à temps, les motocyclistes, les charrettes, les cyclistes, les piétons, sans citer la faune, tous dépourvus de lumières.
Sans oublier tous les autres locaux usagers motorisés de la route dont le véhicule ne dispose que très rarement de l’éclairage réglementaire. Dans le meilleur des cas il est alternatif, tout comme les clignotants mis en marche (quand ils fonctionnent) pour se signaler à la nuit tombée, à l'approche d'un véhicule...
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Hors routes récemment refaites par la France, l'Espagne ou la Chine, il y a peu de marquage au sol...
Niveau revêtement, les routes sont plus qu’irrégulières : pas de couche d’asphalte en continu mais des pointillés de plaques de goudron praticables, ponctuées de nids-de-poule. Parfois, c’est carrément des nids d’autruche vu la dimension impressionnante des trous.
La conduite consiste donc à slalomer et à "planter" de grands coups de frein afin d’éviter les trous sans finir sur le bas côté...
Par ailleurs, il est parfois impératif de rouler sur ces mêmes bas-côté, dans la terre ou sur le sable, pour ne pas se faire percuter.





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Les trous, les dos d'ânes non annoncés, le sable peuvent êtres classés dans la catégorie des obstacles immobiles...
Mais les routes sénégalaises sont aussi le terrain de jeu de la faune locale domestique et sauvage... A classer dans la catégorie des obstacles mobiles...
Il y a toujours des chèvres, des moutons, des zébus, des ânes, des chevaux, des poules, des chiens errants.
Il faut donc rester en état d’alerte maximale pour éviter de percuter ces animaux.
Pour éviter, autant que faire se peut, les collisions avec ces animaux , l’idéal est de se familiariser avec les habitudes comportementales des principales espèces "rencontrées" et en fonction anticiper leur trajectoire et la vitesse de son véhicule.
Pour ce faire, j'ai découvert sur la toile " le petit guide de survie à l'usage du courageux ou aventureux conducteur au Sénégal".

Sur la route, un âne reste figé à l’endroit où il a décidé de s'arrêter. Donc, dans la grande majorité des cas, pour passer sans encombre, il suffit de ralentir et simplement de s'écarter de sa zone de stationnement.

Pour les chèvres, elles conservent généralement leur trajectoire et leur vitesse. Là encore, il suffira de ralentir et de s’écarter à l’opposé de la direction choisie par le caprin.

Pour les ovins, attention, les éviter revient un peu à jouer à la roulette russe... Sur la route, les moutons, comme les poules sont des affolés hystériques, qui ne semblent obéir qu’à la théorie du chaos. Leurs déplacements sont totalement aléatoires et absolument imprévisibles !
Il est donc vain d’anticiper quoi que ce soit, il faut juste ralentir, et espérer que la collision n’ait pas lieu.

Quant aux zébus , c’est un peu un mix de l’âne et de la chèvre, en beaucoup plus gros. Mais comme, bien souvent, ils se déplacent en troupeau, ils prennent tout l’espace et ne laissent donc pas d’autre choix que de s’arrêter et attendre qu’ils traversent, ou au mieux rouler au pas derrière eux.
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Situations particulières moins courantes, les animaux sauvages essentiellement rencontrés dans la région du Sénégal oriental, notre destination. Ainsi, sur l'interminable route traversant le Parc National du Niokolo Koba, nous a-t'il été donné de croiser des phacochères , des singes , des pintades...
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Dès que l'on s'éloigne de la capitale et des villes principales, le bitume laisse la place aux pistes plus ou moins carrossables, selon la saison. D'autant que leur état se dégrade systématiquement pendant la saison des pluies, au point de ne devenir praticables que pour un 4x4.
Quel que soit le type de piste empruntée, terre, sable, en latérite, cailloux, bois (pour certains passages à gué), tout est possible... Le dépaysement est au rendez-vous, les sensations assurées…
Outre le fait d'avaler de la poussière, même en adaptant sa vitesse nous sommes secoués au point de risquer le tassement de vertèbres, mais le plus dur ce sont les tronçons en “tôle ondulée” sur lesquels nous rebondissons frénétiquement...





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Pour conclure sur cette "expérience" sur les joies de la conduite au Sénégal, sur ces aventures dépaysantes et parfois déroutantes, nous pouvons témoigner que l'arrivée au gîte d'étape, sans incident ou accident, après une journée de conduite sur route et sur piste, est un réel soulagement, tant l'attention et le physique ont été mis à rude épreuve...
Mais paradoxalement on ne s'en lasse pas, nous n'avons qu'une hâte : Revivre cela !

Mais revenons au premier objectif de ce périple au Sénégal oriental : Kédougou.
Situé à l'extrême Sud-Est du Sénégal au bord du fleuve Gambie, à la frontière avec le Mali et la Guinée, cette région de collines bénéficie d’une véritable richesse ethnique et culturelle.
Elle est d'ailleurs inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco pour ses paysages culturels Bassari, Dialonké et Bédik.







La "belle" route en direction de Dialacoto, où nous déclarerons (une obligation) au poste de gendarmerie, notre entrée dans la région du Parc national du Niokolo-Koba.
Le fleuve Gambie d’une longueur de 1 130 km (dont 500 km navigables) prend sa source dans le massif du Fouta-Djalon, en
Guinée puis traverse le Sénégal et la Gambie, laquelle s'étend sur ses
deux rives. Source d’alimentation de nombreuses mares constituant des points d’eaux pour la faune sauvage. il traverse le Parc national du Niokolo-Koba au Sénégal. Avec la rivière Koulountou, son affluent, il alimente aussi de nombreuses mares saisonnières ou permanentes qui constituent des points d'eaux importants pour la faune sauvage de ce parc.
Le fleuve se jette dans l'océan Atlantique au niveau de la ville de Banjul, capitale de la Gambie.
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Dans la région de Kédougou, l'eau est indispensable, et le fleuve Gambie est un lieu de confluence vers lequel convergent toutes les populations.
Les femmes viennent laver les vêtements et les hommes nettoient les camions, les voitures et les motos.
Une pompe remplit les réservoirs pour arroser les potagers et les jardins des hôtels.
À la fin de la journée, les enfants se laveront dans ce bras de la rivière, tandis que d'autres pourront nager ou pêcher.
Le linge sèche toute la journée sur l'herbe et les arbres.
Le dernier pont enjambant le Niokolo-Koba, avant notre étape à Kédougou et la cascade.
Affluent du fleuve Gambie, comme la rivière Koulountou, il traverse le parc national du Niokolo-Koba auquel il a donné son nom.
Le cours d'eau et son écosystème sont reconnus au titre de réserve de la biosphère par l'Unesco depuis 1981.


Les trois équipages sur le pont de la rivière Niokolo-Koba.

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Kédougou , ou le bout du monde du Sénégal...
Située sur le bord de la Gambie, non loin des frontières du Mali et de la Guinée, cette ville n'a pas grand-chose à offrir aux visiteurs, mais c'est un point de départ idéal pour aller explorer les beautés de cette région du Sénégal.
Kédougou surprend par son atmosphère de gros village, en particulier avec ses étals tout le long de l'axe principal.

Regroupement de "Jakartas," les motos-taxis locales
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Retour des champs, machette à la main...
Boucherie traditionnelle...


Comme je l'écrivais plus haut, Kédougou n'a pas d'intérêt particulier, c'est un point de passage obligé pour partir à la découverte des villages perchés sur les collines rougeoyantes.
Nous ne nous arrêterons dans la ville que pour faire le plein de nos véhicules, avant de reprendre la piste et ses improbables rencontres à destination de Dindéfélo, notre premier objectif...
Le reste du Sénégal étant majoritairement plat, ce fut une véritable surprise de retrouver du relief et des panoramas en hauteur.



Les 30 kilomètres qui séparent le village de Dindéfélo de Kédougou, sont entrecoupés de ravins et ruisseaux à travers un relief particulièrement accidenté. Pour l’atteindre, c’est l’aventure. Un bon véhicule tout-terrain est indispensable pour parcourir la piste en très mauvais état… Un véritable parcours du combattant, mais offrant un paysage splendide.


De Kédougou à Dindefelo, nous circulons sur une piste parfois sans latérite. Il a plu la veille et une bonne quantité d’eau coupe notre progression à certains endroits...




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La dernière piste avant l'arrivée au village, point de départ de la marche pour rejoindre la cascade.
Les véhicules progressent sur une voie d’un autre temps, un chemin tortueux qui s'infiltre dans un paradis vert, au sein d'un monde marqué de superpositions de plaines, plateaux et montagnes.


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Dindéfélo, village d’Afrique d’il y a un siècle, est un site sorti de nulle part pour le visiteur qui y arrive pour la première fois.
Lové au flanc d’une colline, il se trouve au sud est de Kédougou, dans le Fouta Djallon.
La Guinée est de l’autre côté et le premier village, Lougué ne se situe qu’à sept kilomètres.


Des cases en forme de paillottes. Des femmes qui reviennent du puits un seau ou une grosse calebasse sur la tête. Des enfants, jeunes filles et garçons qui se bousculent sur un chiffon à la forme d’un ballon de football.
Tout de suite on sent que le monde s’est comme arrêté à cet endroit.





L’accès à la cascade est "payant". Mais le prix reste très raisonnable et il est destiné aux villageois, ce sont eux qui entretiennent le site.
Norbert
Bénédicte
Quentin
Une partie des équipages et marcheurs par une température de 30° avec un indice d'humidité de 38...
Ne figurent pas Euxane, Anne-Marie et notre guide marchant devant.

Michel


jean-Pascal
Fériel

Pour atteindre la cascade il faut marcher une trentaine de minutes à travers la forêt-galerie entrecoupée de ruisseaux.
Des fougères tapissent le sol, quelques termitières géantes se dressent ici et là, des lianes épaisses s’entremêlent entre elles et autour de grands arbres, le tout dans une ambiance de jungle.



Sur le sentier et ses abords, la nature est d’une générosité extrême, le site semble placer des garde-fous pour rendre difficile son accessibilité et protéger ses richesses.
Tel un joyau caché au fin fond d’un labyrinthe, Dindéfélo se fait désirer avant de vous accueillir dans son havre de paix, de quiétude, de fascination…
Hormis la cascade, la localité peuplée de Bédicks, Bassaris, Kognaguis, peuls, partage ces merveilles avec les villages de Ethiolo, Iwol, Salémata, Bandafassi, fongolembi, vitrines authentiques des peuples du Sénégal oriental.
Dindéfélo offre aux visiteurs une diversité végétale luxuriante et abrite le dernier peuplement des chimpanzés, dans la réserve naturelle communautaire sur une superficie de 13 000 hectares.











Mais une fois sur place, la merveille semble reconnaitre votre bravoure et vous offre un spectacle inédit propice à la relaxation, la détente, la méditation Dindéfélo signifie "au pied de la montagne" en pulaar, le dialecte de l’ethnie peul, majoritaire dans la région de Kegoudou.







Découvert entre 1921 et 1923 par un chasseur du nom de Manga Dian Pathé Traoré, Dindéfélo est aujourd’hui une de ces merveilles de la nature qui fait la fierté du Sénégal.
La cascade prend sa source à 318 m d’altitude au mont Dandé, au cœur d’une végétation luxuriante et d’un relief accidenté qui demande un véritable parcours du combattant avant de se laisser découvrir.
La cascade tombe sur un imposant mur de roches stratifiées, partiellement recouvert de végétation.
Une chute pacifique, qui roule et coule son eau fraîche et limpide sur la nature d'en bas qu'elle arrose à longueur d'année.
Le spectacle qui s'offre à la vue est saisissant.
L'eau descend de la partie la plus haute d'une des parois de la cascade, à plus de 100 mètres, pour se déverser dans l'anse naturelle, réceptacle de cette manne du ciel.
La cascade de Dindéfélo est un site original et exceptionnel, mais fragile à préserver.
Après la route chaotique et la piste improbable, l'approche à pied, l’humidité rafraîchissante s’accentue peu à peu. Et la récompense arrive enfin, la cascade de Dindéfélo, parfois démesurément nommée "les chutes de Dindéfélo"...
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Unique au Sénégal, Dindéfélo, est une cascade majestueuse, avec un paysage verdoyant et une diversité biographique saisissante.
Une vue panoramique permet d'en mesurer toute sa beauté. Telles des briques superposées, la stratification de la roche est fabuleuse. Un kaléidoscope de couleurs se retrouve dans cet agencement naturel, et le reflet sur l'eau trace les contours d'un arc-en-ciel.
logés dans les campements, créés par les villageois pour améliorer leurs
sources de revenus.
Du sommet de la montagne, l'eau s'écrase sur les différents paliers jusqu'à atterrir sur une sorte d'esplanade qui donne sur le bassin tapissé de blocs de pierres, détachées des parois de la montagne.
De part et d'autre, les parois, ciselées des flancs de la montagne, ressemblent aux balcons d'immeubles de plusieurs étages voire de gratte-ciels qui donnent sur le jet d'eau.
Le débit de l'eau varie, selon les saisons, notamment de juillet à août. Il devient plus important du fait des eaux pluviales venant de la Guinée Conakry, pays frontalier.
Cependant, ces habitants qualifient ce lieu d'endroit hanté. Selon les villageois, "il y a de cela des décennies, qu'une mallette remplie d'or a été déposée à quelques mètres des chutes d'eau, mais toute personne qui s'aventure à prendre ce trésor disparaît à jamais". Néanmoins, les villageois ont fait de cet endroit propice un site touristique qui accueille quelques étrangers, particulièrement des Européens. Ces hôtes sont




Aujourd’hui, ce lieu classé patrimoine mondial par l’Unesco n’est pas à la hauteur des espoirs touristiques de la zone.
Le village est toujours pauvre et aucune voie d’accès ne mène aux chutes. C’est dans les entrailles de la forêt, sans voie réellement tracée, ni aucun moyen d’être secouru en cas de soucis physiques, de morsures d'animaux ou de blessures accidentelles, que se trouve encore le site.


Sous l’effet des rayons de soleil sur les magnifiques chûtes d’eau, ce petit « jardin d'Eden », berce ses visiteurs et leur permet de profiter d’une agréable baignade dans un grand bassin.
Avec une température idéale, les eaux de la piscine sont aussi propices à la baignade rafraîchissante mais également au passage sous la chute d’eau.
Impossible de ne pas apprécier cet espace naturel, d'avant le péché originel, et de ne pas plonger dans sa douce fraîcheur...


Dans cette spacieuse piscine naturelle, la température est généralement moyenne, et une sensation de se retrouver dans un espace béni par les génies de l’eau peu nous habiter.
D’ailleurs la légende raconte que ce « rituel de bain mystique » au pied de la montagne est fortement recommandé aux visiteurs car cette source aurait des vertus thérapeutiques et d’autres bienfaits.

Autrefois, la cascade de Dindéfélo était un lieu mystique d’une haute importance culturelle, un site naturel sacré où les nouveaux circoncis venaient y prendre leur premier bain.
Dans les années 1960, l’instituteur du village y faisait l’école en plein air, ce qui a eu pour conséquence le déplacement du lieu du rituel.
C’est toujours un lieu de ressources pour les habitants qui ramassent le bois, cueillent des fruits sauvages, font paître leurs troupeaux à proximité. Désormais, c’est un site touristique qui génère quelques retombées financières, notamment grâce au campement touristique villageois.
Malgré la beauté apparente du site, son environnement se dégrade...
Les causes en sont multiples et imbriquées : réchauffement climatique, évolution des pratiques locales (progression des cultures, utilisation de détergents dans la rivière…) sans oublier le tourisme généré par les gros exploitants touristiques de Kédougou, Tambacounda ou Dakar.
Afin de préserver Dindéfélo, une attitude responsable s’impose.
Mieux vaut privilégier le tourisme intégré, adopter des pratiques de découverte proches des populations et respectueuses de la nature, comme nous l'avons fait en ne logeant que dans les campements villageois.
Musique de la vidéo : Deep Forest - Forest hymn






Après avoir pris le temps de capter toutes les ondes positives de ce site exceptionnel, nous être ressourcés et baignés dans le bassin, il est temps pour nous de reprendre le sentier pour retrouver nos véhicules stationnés au village, puis la piste afin de tenter de rejoindre notre campement avant la nuit...
Quentin, notre fils infirmier, rentré pour ce voyage, de son dispensaire de l'Ordre de Malte en Casamance, transporte dans son sac une trousse de soin d'urgence, dont la machette ne fait pas partie...
Les paysans pasteurs de la zone sont encore à l’heure de la daba et de l'hilaire (outil africains servant aux cultivateurs).
La traction animale est la norme. Aucune forme de maîtrise d’eau en dehors de la pluie n’est tentée dans certaines localités, faute d'électricité.
Sans plonger dans le désespoir, les populations surtout les jeunes qui sont encore restés au village expriment des attentes suite au nouveau découpage administratif qui a fait de leur village, une communauté rurale.
Première doléance, la valorisation des richesses touristiques. En effet, dans ce territoire du bout du monde, ont été conservées beaucoup de curiosités touristiques. Les femmes et les jeunes souhaitent que les choses bougent.


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Retour sur la piste pour quelques dizaines de kilomètres avant notre campement dont la direction est matérialisée aléatoirement par des panneaux à moitié dissimulés par une végétation exubérante en cette fin d'hivernage.

Nous arriverons à notre campement juste à temps pour immortaliser le Fouta Djalon dans le soleil couchant.
Cet ensemble de hauts plateaux situés en Guinée, souvent appelé le « château-d 'eau de l'Afrique de l'Ouest » qui couvre environ
80 000 kilomètres carrés.
Après une bonne nuit réparatrice, nous visiterons, le lendemain, le village de Bantaco et son site d'orpaillage, sujet de ma prochaine publication.


A suivre ...

