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Road Trip Moto 2022 en Corse ... 2ème partie

CorsicaPetru Guelfucci
00:00 / 04:17

Balades en Corse du Sud

Seconde partie de notre périple en Corse, puis sur le continent avec notre traversée des Cévennes par la corniche du même nom.

Le " Road Trip " peut être considéré comme un mode de voyage. La traduction littérale est " voyage sur la route ".

C'est une façon d'aborder une région, un pays, en roulant en moto, en voiture, à vélo, ou à pied, en voyant défiler les kilomètres pour le plaisir des yeux, de la découverte des villes, des paysages, des populations, en sortant un peu, voire beaucoup des sentiers battus...

C'est ce que nous avons fait avec nos amis Michel et Fériel, du 09 au 19 juillet, en rayonnant sur l'île de beauté, la bien nommée, à partir de deux gîtes.

Le premier, en Haute-Corse à Furiani pour découvrir, en partie le Cap Corse, le second à Cardo-Torgia, pour visiter une partie de la Corse-du-sud.

Notre Parcours

Chèves route de Corse.jpg

La Corse dispose d’un réseau routier de 7 920 kilomètres.

 Les routes territoriales, à ce jour 576 kilomètres, ont été élargies, partiellement redressées et nouvellement asphaltées.

Les disparités sont énormes en termes d’aménagement des routes.

Ainsi il existe toujours des routes étroites, en dévers et jonchées de nids de poules.

Offrant des décors à la fois sauvages et romanesques, ces routes très sinueuses mènent à travers des régions reculées.

Par ailleurs, sur les routes corses, on croise toujours des animaux : cochons, chèvres, vaches ou moutons. Il convient d’être vigilant, en particulier sur les routes intérieures de l’île. Des animaux peuvent nous attendre au prochain virage.

Proportionnellement au nombre d’habitants, la Corse est la région de France qui compte le plus grand nombre de victimes de la route. Nous avons pu constater que de nombreux Corses, qu’ils soient sur deux ou quatre roues, sûrs de leur connaissance du trajet, se rapprochent beaucoup de l’arrière des véhicules portant des plaques d’immatriculation du continent, attendent impatiemment une courte ligne droite puis doublent à grande vitesse. Sur la route, les Corses sont pressés...

Le 15 juillet matin,  après une journée de repos et de remise en condition, nous sommes repartis arpenter les routes de Corse du sud avec pour objectifs la petite cité balnéaire de Porto Pollo, puis la plage de Cupabia, sites recommandés.

Nos "bolides" stationnés sur le port de Porto Pollo

Porto Pollo situé sur la commune de Serradi Ferro, dans le golfe de Valinco, fait partie de la région du bas Taravo avec l'embouchure de la rivière donnant les plaines fertiles et les plages de sable de la région. Le village possède une façade maritime, longtemps exclusivement dédié à quelques pêcheurs et agriculteurs mais délaissé par crainte des innombrables invasions barbaresques des XVI et XVIIe siècles. Le témoignage de ce passé difficile est symbolisé par les tours génoises qui s'y trouvent, destinées à veiller sur la population et la prévenir en cas d'arrivée de voiles maures à l'horizon.

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Cette ouverture sur la mer est aujourd'hui l'une des sources de développement de la petite station balnéaire de Porto Pollo, mais également de toute la région.

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Ce qui séduit dans ce petit village, c'est le côté « bout du monde », qui a su préserver une taille humaine, malgré la forte pression touristique. Il y a effectivement cette sensation quand on arrive dans le village. La route qui dessert le port est un cul de sac. Vous êtes au bout de la presqu'île avec la petite zone résidentielle où quelques superbes villas trônent, joliment cachées dans la végétation. Porto Pollo est effectivement sur la route entre Ajaccio, Propriano et Bonifacio, mais cette station balnéaire est aussi éloignée et sauvage, avec ses plages et ses criques, qu’il faut prendre le temps de chercher, préservant ce côté "loin des foules"...

Après un excellent brunch à la terrasse de l'hôtel du Golfe sur le port de Porto Pollo, nous repartirons à la découverte de la région.

Nous traverserons Serra-di-Ferro avant de rejoindre la plage de Cupabia par la D155A. Si la vitesse maximale autorisée en dehors des villes est de 80 km/h, en général, seules les routes (territoriales) nationales permettent d’atteindre une telle vitesse. Sur les routes départementales empruntées nous avons rarement été au-delà d'une vitesse moyenne de 40 à 60 km/h. 

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La plage de Cupabia est à cheval sur les communes de Porto-Pollo et de Coti-Chiavari.

Située dans la magnifique baie de Cupabia, cette belle et grande plage offre à chaque extrémité de petites criques encore plus sauvages, discrètes et peu fréquentées.

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La partie centrale est la plus grande et la plus fréquentée en été.

Elle propose tout ce que l'on attend de l'île de beauté : du sable fin, une eau cristalline, un arrière-plan préservé de toute urbanisation sauvage, une jolie paillote sur la plage et un camping caché derrière la végétation.

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Compte tenu de la température ambiante, nous profiterons de la plage et enchaînerons les baignades tout le début de l'après-midi, avant de reprendre les motos pour regagner notre gîte par un itinéraire composé que de petites routes qui n'ont de "départementales" que le nom : D155A jusqu'à Tassinca, la D355 pour traverser Pratavone, la D402 afin de rejoindre Cognocoli Monticchi puis la D302 jusqu'à l'intersection avec la D55 sur laquelle nous franchirons le Col de Luminataja avant d'emprunter la Territoriale 196 jusqu'à Grosseto-Prugna, point de passage obligé pour rejoindre Cardo-Torgia et atteindre notre tour.

Avant de profiter de la piscine, Michel et moi affronterons par deux fois la piste pour faire des courses à Santa-Maria-Sicché. 

Le 16 juillet, après un petit déjeuner au bord de la piscine, moteur sur la route... Objectif Bonifacio, en passant par Propriano et Sartène, soit 101 kilomètres sur la très belle Territoriale 196, une route incontournable pour descendre dans le sud sur la côte Ouest..

 

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Les paysages sont magnifiques et contrairement au Cap Corse plusieurs aires et belvédères sont accessibles et nous permettent quelques arrêts photos.

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Notre dernière pause avant Bonifacio se fera au  col de Roccapina d'où nous dominons la région du Sartenais, dont la côte aux pointes rocheuses et déchiquetées et la plage paradisiaque de Roccapina : Capu di Roccapina.

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Au pied du col de Roccapina, deux tours posées sur un éperon rocheux surplombent une plage de sable blond.

La pointe rocheuse dont le point le plus haut se situe à 144 m d’altitude, est remarquable pour le spectacle qu’elle offre au visiteur. Rentré dans la légende du Sartenais, ce culmen est à l’origine de l’appellation des lieux "Lion de Roccapina".

Sous la tête de Lion, qui fait face à la Tour de Roccapina, les ruines d’un oriu (cavité formé par l'érosion sous les rochers qui a pu servir d'habitation pour nos lointains ancêtres). Aujourd'hui, il ne reste que quelques murs et beaucoup de pierres en vrac. Il aurait servi de grenier à grains, du temps où la Corse exportait sa production vers Gênes. La deuxième tour, à la pointe, est une tour génoise, érigée selon le plan de protection de la côte sud ouest de l’île établi à la fin du XVIe siècle. 

Lion de Roccapina

144 mètres

Tour génoise

XVIe siècle

Plage de Roccapina

En dépit d'une circulation fluide, peu de touristes en ce début juillet, plus de deux heures nous seront nécessaires pour rallier Bonifacio.

Située à l’extrême sud de la Corse, c'est la commune française la plus méridionale de la France métropolitaine. 

Ancien repère de pirate, l’origine de la cité remonterait à 828 après Jésus Christ. A-t-elle été fondée par Boniface, marquis de Toscane ? Ou bien son nom vient-il de « l’italianisation » de la locution  "bona factio" comme l’avance l’historien Pierre Antonetti ?

Quoi qu’il en soit, le saint patron de la ville est Saint Boniface dont les ossements sont contenus dans un reliquaire en argent.

Depuis sa fondation au IXe siècle, l'histoire de Bonifacio, est  mouvementée.

Au Moyen-âge, c'était une base quasi imprenable, facile à défendre aussi bien du côté terrestre que maritime. Ce "Gibraltar corse" suscita de nombreuses convoitises et notamment celles de Pise et de Gênes qui se le disputèrent longtemps. Mais ce fut Pise qui l’occupa la première. Gênes dut attendre la fin du XIIe siècle pour se rendre maîtresse des lieux. Le "castello" génois fut progressivement entouré de remparts de plus de 2 kilomètres de pourtour. A partir de 1533, après un nouveau siège Bonifacio est confiée aux Français, ces derniers procédèrent à des travaux de modernisation des fortifications. Les murailles furent renforcées par des remparts de terre, des terre-pleins aménagés sur les courtines, des tours transformées en bastions. C’est cette fortification commencée par les Français et terminée par les Génois que l’on peut encore admirer aujourd’hui. 

Dans la roche calcaire qui borde la route avant d’entrer dans Bonifacio a été découverte la "Dame de Bonifacio", l’ancêtre des corses, en parfait état grâce au PH neutre du calcaire. Ce squelette, qui date de 6572 av. JC, est visible au musée de l'Alta Rocca à Levie.

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Aujourd’hui, la ville historique attire des centaines de milliers de touristes par an, ce qui fait d’elle le centre le plus visité de la Corse.

Bonifacio du fait de sa situation géographique, bénéficie de deux façades maritimes : côté est et côté ouest : environ 65 km de côtes, de calanques, de golfes, de criques, de plages.
Au fond d'un goulet bordé d'une falaise calcaire de toute beauté, le port de plaisance de Bonifacio est classé dans le top 5 des ports de Méditerranée. Avec près de 10 000 escales par an, il est au premier rang de la fréquentation des bateaux de plaisance et au second rang après Ajaccio pour l’accueil des navires de croisière. Avec 300 000 passagers par an, Bonifacio est le 3ème port commercial de l’île après Bastia et Ajaccio

Le port de pêche, toujours important, bénéficie d’un trafic quotidien avec la Sardaigne toute proche (14 kms de distance).

 

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On se perd volontiers dans les rues étroites du cœur historique de la citadelle.  

Les ruelles pleines de charmes de la vieille ville millénaire sont un dédale enchanteur qui débouche toujours sur une petite placette, sur une église, sur un point de vue, sur des immeubles aux façades longilignes. De nombreuses rues sont surmontées d'arcs- boutants et d'arcades munies de gouttières en ardoise, reliant les maisons avoisinantes à l'église Sainte Marie Majeure. Ces arcades faisaient fonction d'aqueducs et participaient à l'ingénieux système de captage des eaux de pluie permettant le remplissage d'une citerne.

Au cours de notre pérégrination dans la vieille ville millénaire, nous découvrirons de nombreuses portes surplombées de blasons ou de superbes linteaux de marbre sculpté.

Eglise de Sainte Marie-Majeure :

La présence de cette église de style roman, date du XIIe siècle et est l'édifice le plus ancien de Bonifacio, construite par les Pisans, puis par les Génois.

Sertie par les chéneaux qui recueillent les eaux pluviales alimentant la citerne communale de 650 000 litres, située sous la loggia, l’église paroissiale est le centre névralgique de la vie de la Cité. Les affaires publiques, les sentences, les échanges commerciaux se traitaient sous la Loggia.

L'église dispose d'un clocher de 25 mètres de haut, qui a la particularité d'avoir une base de style roman et le reste de style gothique.

Classé au titre des Monuments historiques le 21 septembre 1982, elle conserve un ensemble mobilier à la hauteur de la ferveur des paroissiens.

Bonifacio détient des richesses religieuses. La ville compte cinq églises et une chapelle.

     - L'église  Saint-Dominique classée au titre des monuments historiques en 1982, c'est le seul édifice au style gothique de Corse.

     - L'église Sainte Marie-Majeure est la plus ancienne de Bonifacio, elle se caractérise par son architecture au caractère Roman.

     - L'église Saint Jean-Baptiste, siège de la confrérie de la Miséricorde.

     - L'église Saint Erasme De style néo-bysantin, elle abrite la confrérie des pêcheurs et gens de la mer. Elle se situe sur le port.

     - L'église Sainte-Croix, elle détiendrait un fragment de la vraie Croix du Christ.

     - La Chapelle Saint-Roch, construite en 1528 à l'endroit où périt la dernière victime de la peste, elle surplombe les falaises.

Le maître-autel en marbre veiné blanc, jaune, rouge et vert orné de têtes d’ange à ses extrémités, les autels secondaires en marbre polychrome, la réserve eucharistique, les bénitiers, le baptistaire, la statuaire sont issus d’ateliers de maîtres génois de grande renommée (Giulio Martine, Francesco Maria Schiaffino, Dominico Gagini).

Eglise Saint-Dominique

Construite en calcaire blanc de Bonifacio, selon un plan basilical simple à trois vaisseaux terminés par des chevets plats, elle reste le seul édifice de Corse à avoir été conçu à l’origine dans un style totalement gothique. Sa construction est achevée en 1343.

Richement dotée, au cours des siècles par la population et les familles de notables qui demandent à y être enterrées, l’église conserve toujours ses autels en marbre polychrome, ses toiles de peintres génois d’exception (Orazio de Ferrari- Giovan Battista Baïardo), ses sculptures réalisées par de grands ateliers génois (Anton Maria Maragliano, Thomas Orsolino), ses meubles de sacristie en bois de châtaignier.

On y voit la châsse, (du latin "capsa" qui désigne tout coffre destiné à contenir des objets saints, reliques ou évangiles, en vue de leur transport solennel, notamment à l’occasion des processions), qui représente le martyre de san Bartolomeu u scurticatu , saint Bartélémy, l’écorché vif.

Chaque année, le 24 août, cette châsse très lourde pesant 800 kg, montrant l'horrible martyr du saint écorché vif par ses

bourreaux, est portée à épaules d'hommes à travers les rues et ruelles de la haute-Ville. La tradition veut que San-Bartolu soit acheminé en procession, sans encombre de l’église Saint-dominique à celle de Sainte Marie-Majeure (aller et retour).

La châsse de Sainte Marie Madeleine, représente la scène pathétique à quatre personnages que l'on appelle aussi "Les Saintes Femmes" ou "Les Trois Marie" se lamentant au pied de la croix où expire Jésus.
C'est cette belle châsse de "la Maddalena", qui est portée en procession, la nuit du Vendredi Saint, par ses pénitents en robe verte, tenant chacun un flambeau et précédés du porteur de croix.
Avant de faire son entrée solennelle dans l'église Sainte Marie Majeure, où les autres châsses qui l'ont précédée sont alignées dans la nef centrale, Sainte Marie Madeleine sollicitera le pardon. C'est pourquoi les pénitents s'agenouilleront sous la Loggia, devant l'entrée de l'église paroissiale en priant et en chantant, afin d'obtenir la permission de se joindre aux autres châsses.
La Châsse de Sainte Marie Madeleine est toujours la dernière à arriver ou à partir.

Eglise Saint Jean-Baptiste :

Au centre de la ville haute, cette église de dimension modeste et sans caractéristique architecturale précise, présente néanmoins des œuvres de qualité pour la plupart inscrite ou classée à la signature renommée comme le groupe processionnel la "Décollation de Saint Jean-Baptiste" dont l’auteur présumé est l’atelier Anton Maria Maragliano, une toile "le Baptême du Christ" du XVIIe siècle (auteur inconnu), des sculptures dont le Christ de Pitié (XVIIe), «"La Vierge à l’Enfant" (XIXe), le tableau d’autel "Le Baptême du Christ" (présumé XVIIe), ou "La mort de Saint Joseph" (1860) signé de la main du peintre corse P.Novellini.

Le fond de l'église près de l'autel est très clair, et décoré de nombreux chandeliers dorés.

Dès le Moyen-Age Saint Jean-Baptiste, le Précurseur du Christ, a été honoré dans toute la Corse, à l'égal de Saint Michel, car il est à la fois le dernier prophète de l'Ancien Testament et le premier martyr du Nouveau Testament.

Aujourd'hui encore rares sont les églises qui ne possèdent pas un tableau, un décor peint, une statue ou une pièce d'orfèvrerie qui rappellent le rôle du saint dans l'histoire de l'Eglise et les épisodes majeurs de sa légende.

Eglise Sainte-Croix :

Cette toute petite église du XIVe siècle se trouve entre deux habitations dans la petite rue Saint Dominique. On y découvre la Châsse de la Découverte de la Croix du calvaire par Sainte-Hélène

qui contiendrait un fragment de la vraie Croix.  

Ce précieux trésor est gardé avec bienveillance par la confrérie éponyme, qui appartient aux cinq confréries bonifaciennes. Son principal rôle dès le XIVe siècle était la gestion des hospices civils de la rue Saint Dominique connu sous le nom de la maison de la miséricorde. Comme le veut la tradition, la châsse est sortie en processions le 3 mai pour la fête de l'invention et le 14 septembre lors de la fête de l'exaltation de la croix.

Ces châsses bonifaciennes rappellent la tradition des jeux scéniques pratiqués à la fin du Moyen-Age.

Quand vient la soirée du jeudi Saint, les cinq confréries de Bonifacio démarrent les processions circulaires dans les ruelles. Les cortèges passent d'une église à l'autre, en transportant à bout de bras les châsses qui représentent des scènes bibliques.

Robert Delandre, sculpteur normand, âgé de trente-deux ans, exécuta la commande en 1908. Et c'est ainsi qu'en mai 1910 fut inauguré à Saïda, place de la Mairie, un monument jugé par la presse de l'époque comme étant "d'une harmonieuse simplicité et d'un fort bel effet". Juché sur un piédestal, un officier au casque colonial, tient d'une main un drapeau. De l'autre, il pointe son épée vers un lion d'Afrique.
L'inscription sur le piédestal était la suivante : "Aux soldats de la Légion étrangère et de l'Armée d'Afrique morts dans le Sud-Oranais".

Au moment du repliement de l'armée française, la Légion étrangère a démonté les deux statues composant le monument et les a acheminées vers la Corse où elles furent débarquées le 23 juin 1962. Le monument a été reconstitué un an plus tard sur une place, devant l'entrée de la citadelle de Bonifacio, première garnison de la Légion en Corse. 

Une inscription rappelle les raisons de son existence et son lieu d'origine. Seule la forme du socle a changé. Le monument a été confié à la ville de Bonifacio.

Les immenses falaises de calcaire de Bonifacio  constituent un des sites les plus emblématiques de l'Île de Beauté. D’une hauteur de 70 mètres sur près de 6 kilomètres, ces remparts naturels de craie baignent dans une eau cristalline. 

Si les falaises de Bonifacio faisaient partie du système de défense contre les invasions dans le passé, elles représentent aujourd’hui un endroit touristique de grande envergure.

C’est vers l’Est, du Campu Romanillu jusqu’à Pertusatu que les falaises sont les plus élevées.

Le milieu sec, très venté abrite une végétation basse et souvent épineuse. Détaché de la falaise "U Diu Grossu" (en Bonifacien « le gros doigt », le pouce) est un îlot aussi dénommé "Grain de sable".

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Le sémaphore et le phare de Pertusatu veillent sur la sécurité de la navigation maritime dans ce détroit parsemé d’écueils et de hauts fonds.

A la base des falaises s’ouvrent des grottes marines qui baignent dans des eaux d’un bleu irréel. 

Le 17 juillet, Bénédicte et moi remonterons sur la Gold pour un circuit d'environ 220 kilomètres, qui nous fera visiter Cargèse, longer les Calanches de Piana jusqu'à Porto, nous rafraichir d'une baignade dans les gorges de Spélunca, déjeuner dans une auberge de chasseurs à Evisa, avant d'emprunter sous un soleil de plomb la D24, route improbable au milieu du maquis, avant de nous réhydrater à Vico, puis de pousser jusqu'au Pont de Belfiore avant de regagner la côte pour nous baigner à la plage de Stagnoli, ultime étape avant de rejoindre Michel et Fériel restés au gîte.

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La baie de Cargèse sculptée par la mer et le vent permet, d’un seul coup d’œil, d' embrasser cette mer si calme depuis la Pointe d’Omigna jusqu’à Capo di Feno, soit la totalité du large Golfe de Sagone.

Le village de Cargèse est situé sur la "Punta di Carghjese", à près de 100 mètres d’altitude, entre l’extrémité nord du golfe de Sagone et le petit golfe de Peru.

Cargèse le plus Grec des villages Corses doit, dés 1676, son existence à la première migration de 600 grecs, originaires du village de Vitylo situé dans le péloponnèse, qui fuyaient la domination de l’Empire Ottoman. La République de Gênes leur permit de trouver refuge à Paomia, à 2 km du village de Cargèse.

La commune de Cargèse est étendue, bien que le village soit lui assez condensé. La pointe sur laquelle le village se trouve s’enfonce doucement dans l’eau, donnant l’impression que les montagnes qui la précèdent s’y glissent. 

L’architecture encore intacte de certains bâtiments témoigne de l'influence de la migration de familles d'origine grecque.

Rien de tel pour visiter Cargèse que d’arpenter les rues du village à la recherche de ses plus secrètes histoires. Bâti comme n’importe quel village corse, Cargèse dispose de très nombreuses ruelles, parfois escarpées, pentues, étroites…

A Cargèse, d'où est originaire Yvan Colonna, son souvenir est encore vivace sur les murs et dans le cœur des habitants.

Fontaine "Di a Radida", centre de Cargèse.

Sur les murs de Cargèse, fief nationaliste et royaume de la famille Colonna, s’égrènent par dizaines, à la bombe de peinture, des prénoms et des visages : celui d’Yvan Colonna, naturellement, souvent accompagné des mots "Gloria à té" (Gloire à toi). Ses obsèques ont rassemblé 3.000 personnes au village.

Celui de Maxime Susini "Massimu", régulièrement décrit comme militant nationaliste, écologiste et anti-mafia, abattu à 36 ans le 12 septembre 2019 au matin alors qu’il ouvrait sa paillote de plage "la 1768", date de la constitution corse rédigée par Pascal Paoli.

Cargèse, est un village Corse, un village où ne pas discuter des responsabilités juridiques des uns et des autres est un préalable à toute

conversation. Ici, il n’y a que des innocents...

Le XIXe siècle voit l’édification de deux églises de rites différents à Cargèse, dominant le petit port et le cimetière, presque jumelles elles se font face, l'église latine et l'église orthodoxe, se contemplent mutuellement dans une harmonie silencieuse.

L’Église de l’Assomption, la "Latine”, fait partie des symboles de Cargèse. Elle  fut bâtie pour la population catholique latine du village. Son architecture est classique et le décor intérieur habille un style baroque, très coloré et composé de motifs et de trompe-l’œil.

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L’église orthodoxe Saint-Spyridon dite la "Grecque", fut édifiée par la colonie grecque occupant le village. Sa façade est blanche, son architecture néogothique et son décor intérieur néoclassique. Elle est classée aux Monuments Historiques depuis 1990.

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Ces deux églises sont les gardiennes et les reflets de l’histoire du village de Cargèse.

En quittant Cargèse , nous empruntons la D81 et franchissons le col de Torraccia, puis longeons le Chuini lomberlaccio avant de nous arrêter pour une pose photos au col de Bocca di San Martino situé à 433 mètres d'altitude.

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Le couple offert par les 1800  cm3 du moteur de la Gold est un réel bonheur pour l'enchainement des cols. 

Après avoir immortalisé le maquis corse, nous poursuivons sur la D81 en direction de Piana, bâti sur un plateau de 438 mètres d'altitude qui surplombe majestueusement le golfe de Porto en faisant face aux presqu'îles de Senino et Scandola.

Classé parmi les plus beaux villages de France, il sert de toile de fond à l'exceptionnel site des Calanches de Piana. Ces falaises de granit rose qui se jettent de plus de 300 mètres dans la mer sont classées d'intérêt mondial par l'Unesco, et elles sont entièrement protégées. 

Les fameuses Calanques de Piana restent le paysage incarnant la beauté de l’île. Dans le golfe de Porto, Dame Nature n’a pas fait les choses à moitié, c’est l’un des sites les plus sublimes de Corse.

Le bleu intense de la mer, la lumière baignant la côte et des rochers immenses à la couleur rouge-orangé…

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Ci-dessous, petit diaporama d'une série de photos prises en roulant par ma passagère et équipière Bénédicte.

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Le golfe de Porto est l'un des plus grands de la côte Ouest de l'île.
Joyaux incontestable de la Corse, ce très vaste espace offre des côtes escarpées et abruptes et des lieux préservés : les Calanches de Piana, la réserve de Scandola, le village de Girolata mais aussi un arrière pays riche et authentique. Cette région de l’ouest de l’île est d'une exceptionnelle  beauté qui voit le golfe de Porto classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité.

La commune de Porto Ota est comme souvent en Corse répartie entre deux zones géographiques distinctes.

En bord de mer, Porto Marina, centre de la vie dans ce complexe touristique très prisé.
A l’intérieur des terres, le village d' Ota qui fut la première partie peuplée et développée. 

Cette zone est aussi dominée par des hautes montagnes. La commune est installée sous le Capo d’Ortu, superbe pointe rocheuse culminant à 1294 mètres.

En quittant Porto, afin de poursuivre notre découverte  sous forme d'errance, comme le veut la définition du Road Trip, nous rejoindrons les gorges de Spelunca à partir du village d’Ota via l’étroite et sinueuse D124. Pittoresque à souhait, cette route qui évolue à travers les châtaigniers est un lieu de rencontre idéal entre les touristes et les chèvres corses...

Très connues sur l’Ile de Beauté, les Gorges de la Spelunca reliant les villages d’Evisa et d’Ota offrent des panoramas vertigineux. 

Le nom "Spelunca" qui signifie antre ou grotte fait justement référence aux caractéristiques impressionnantes du lieu. C’est aux rivières Aïtone, Tavulella et Onca que l’on doit ce panorama montagneux longtemps creusé et sculpté par le passage de l’eau.

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Les gorges de Spelunca constituent une excursion très prisée. Même en plein été, il ne fait pas trop chaud dans cette vallée ombragée grâce à la fraîcheur de la rivière. De plus, le segment de randonnée de la D124 au pont génois reste court et très facile et plusieurs piscines naturelles vous invitent à une baignade rafraîchissante.

Après cette pose dépaysante et rafraichissante nous emprunterons la D84 afin de monter au village d'Évisa, commune forestière, destination touristique de choix pour les amoureux de la nature.

Les forêts d’Evisa, d’Aïtona, de Lindinosa et de Lonca, s’étendent jusqu’à 2000 mètres d’altitude, entrecoupées par de nombreux vallons. Elles donnent lieu à des paysages végétaux incomparables selon l’exposition et les moments inattendus de la journée. 

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Autrefois village de forestiers et de bergers, Évisa se situe à 900 mètres d'altitude et offre des paysages uniques et préservés. Aujourd'hui, la commune, qui a perdu un grand nombre de ses habitants dans le courant du XXe siècle, compte aujourd'hui 200 permanents, et est surtout connue pour son activité touristique intense à la période estivale. 

Le village d'Évisa raconte à travers ses ruelles, ses maisons traditionnelles aux volets colorés, ses vergers, l'étonnante fusion entre les hommes et leur terre.

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Le village d'Évisa surplombe les gorges de la Spelunca et s'immerge dans la très prisée forêt d'Aïtone.

Photos prises de la terrasse du bar des chasseurs où nous nous sommes restaurés.

Vico est un vrai village corse, chaleureux et vivant, formé de superbes maisons de pierre avec des inscriptions sur les façades, reliées entre elles par des montées en escaliers. On y voit également de très beaux linteaux.

Au cœur du village se trouve une place ombragée sur laquelle on peut observer une statue en bronze de Monseigneur Casanelli

d’Istria, qui prêcha l’abandon de la Vendetta en Corse.

A voir, le couvent Saint-François, sur la route d’Arbori, pour son église XVIIe, où l’on trouve le Christ en bois le plus ancien de Corse (XIVe).

Vico est une ville miniature avec ses places, ses rues et ruelles, sa fontaine et ses monuments. 

La commune est Vico est aujourd'hui surtout connu pour son activité touristique.

A l'issue de notre pause méridienne nous emprunterons des routes improbables traversant le maquis et sans habitation, afin de rejoindre le village de Vico, ancien centre religieux et politique de la façade occidentale de l'île au Moyen Âge, puis haut lieu de la résistance contre la République de Gênes. 

 

Après une balade dans le village, nous rejoindrons sur la rivière Liamone, la plage du Pont de belfior, proche de la commune de Murzo.

Afin de fermer notre boucle du jour entamée à Sagonne, nous rejoindrons par la D70 la plage de Stagnoli, pour une baignade délassante avant de parcourir les 68 kilomètres (soit 1h30) nous séparant de notre gîte.

La plage de Stagnoli, est une agréable petite plage de sable fin et doré, bordée de roches et de végétation, pas trop peuplée. 

Pour notre dernière journée à Cardo Torgia, nous retournerons sur la plage de Cupabia en empruntant la pittoresque D402...

Notre dernière soirée au gîte, un petit paradis sur terre, ou plutôt sur île de beauté.

En nous proposant Torgia, Bénédicte a visé juste !

Déconnexion totale des turpitudes du quotidien...

Au terme de chaque escapade, après remise en condition, descendus de notre perchoir niché en plein maquis, nous  nous retrouvons au pied de la tour confortablement installés sur la terrasse dominant le paysage.

En début de soirée, nous sentons les pierres chaudes encore gorgées de soleil. Autour de nous, rien que la nature et les montagnes, on devient contemplatif.

Observateur immobile le soir, on se réveille le matin avec une âme de marcheur. Plusieurs sentiers partent de la tour et, à l'horizon, tant de paysages à parcourir et de sommets à gravir.

Une  expérience unique d’un séjour hors du temps dans une tour édifiée à la Renaissance par les Génois au cœur du maquis. 

Le 19, en milieu de matinée, c'est le départ.

Christian insistera pour descendre nos épouses dans son Polaris. Les équipages reformés au pied de la piste nous prendrons la toute d'Ajaccio pour embarquer sur le ferry en début de soirée pour une traversée de nuit jusqu'à Toulon.

En visitant la Corse, ce qui peut interpeller le touriste, c'est la présence de tombeaux en des endroits souvent inattendus. L’architecture de ces monuments funéraires parfois insolites, et le luxe apporté à la décoration tranche avec la nature environnante, surgissant du maquis, de l’ombre de pins parasols, posés sur une falaise dominant la mer où face au village.

Dans cette région si pieuse qu’est la Corse, les habitants ont toujours accordé une très grande importance au "devenir" de leurs morts. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les défunts sont inhumés à l’intérieur des églises, ou des couvents, dans une fosse commune située sous l’autel et dénommée "l’Arca".

Pour la population, l’usage de "l’arca" est un devoir, une véritable loi sociale car tout défunt enterré dans un cimetière est considéré comme abandonné du Tout-Puissant.

L’île devenue française, l’état invoqua l’insalubrité comme prétexte pour interdire la pratique de "l’arca". A partir de cette interdiction, les Corses si attachés à leur traditions durent enterrer les leurs dans le cimetière communal, plus ou moins éloigné de l’église. Mais tandis que certains transgressaient la loi en allant déterrer leurs morts la nuit pour les inhumer en secret dans l’église, d’autres eurent l’idée de bâtir des mausolées sur des propriétés familiales rendant les terrains inaliénables : « On ne vend pas les morts ! », comme dit un proverbe.

Le 20 juillet matin, après une nuit à bord du ferry Pascal Lota, nous débarquerons à Toulon, avec pour objectif de la journée rallier notre hôtel à Saint-Beauzire, en passant par la Corniche des Cévennes... Sur ces routes nous continuerons à "arrondir" nos pneus avant de les sculpter au "carré" sur les autoroutes qui nous ramèneront à nos domiciles respectifs.

Nous emprunterons la Départementale 9, entre Saint-Jean-du-Gard et Florac afin de parcourir la Corniche des Cévennes. Historiquement c'est l'ancienne route royale de Nimes à Saint-

mouvement de troupes pendant la guerre des camisards.

Flour. Elle fut construite sur ordre du roi, pour pouvoir surveiller tout

Elle est maintenant connue pour les nombreux panoramas qu'elle offre à la vue des villégiateurs sur les Vallées cévenoles.

De fait, cette route mythique survole une terre de caractère où l'homme a su faire face à la nature pour modeler le paysage et rendre la vie possible. Bancels (terrasses), magnaneries (lieux d'exploitation de sériciculture traditionnelle), et autres châtaigneraies sont aujourd'hui des témoins directs de la vie cévenole d'autrefois.

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Afin d'admirer pleinement le paysage, nous ferons, entre autres, une halte à l' Aire du Tableau... Pourquoi ce nom ?

Ce paysage est un  "tableau" classique des Cévennes, souvent photographié. C’est la raison du choix de ce nom pour ce site.

Par ailleurs, le Parc national des Cévennes est jumelé depuis 1984 avec celui du fjord du Saguenay au Quebéc. Dans ce cadre, les deux parcs ont décidé de procéder à des échanges de noms de lieux. "Le Tableau" est le nom d’une falaise abrupte particulièrement célèbre de ce fjord, visible depuis le hameau de Saint-Basile-de-Tableau et depuis le village de Sainte-Rose-du-Nord.  Il semblerait aussi que plusieurs artistes fréquentèrent ce hameau afin d’y peindre de beaux tableaux d’où l’origine du nom.

Sur la commune de Le-Pompidou, ce site de l'Aire du Tableau illustre en un seul lieu la diversité du paysage des Cévennes. 

Nos passagères et équipières de routes en mode repos...

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En face, les maisons de Mazilhou émergent des châtaigniers que l’on retrouve sur de nombreux coteaux en grandes taches vertes du printemps à l’automne, marrons en hiver. Les boisements de pin sylvestre apparaissent très sombres toute l’année.

En plus des cultures, la lumière inonde les landes et une grande partie du causse, toujours parcouru par les brebis.

Au fil des saisons, les plantes basses ponctuent des espaces de couleurs, le jaune des genêts au printemps, le rose des bruyères sur schiste de l’été à l’automne, le roux des fougères à la fin de l’été.

Pose photo des "riders", avant notre dernière étape à Saint-Beauzire.

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Les équipages se sépareront, sur l'autoroute, le 21 juillet dans la matinée, avec nombre de projets de Road trip et de voyages à partager. Fériel et Michel prendront la direction plein Nord  pour rejoindre la région parisienne et Bénédicte et moi filerons plein Ouest, pour notre Bretagne.

CorsicaPetru Guelfucci
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