Road Trip Moto 2022 en Corse ... 1ère partie

Terra CorsaCorsu - Mezu Mezu 2
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Du Cap Corse (Haute Corse) à Cardo-Torgia Corse du Sud)

Le " Road Trip " peut être considéré comme un mode de voyage. La traduction littérale est " voyage sur la route ".

C'est une façon d'aborder une région, un pays, en roulant en moto, en voiture, à vélo, ou à pied, en voyant défiler les kilomètres pour le plaisir des yeux, de la découverte des villes, des paysages, des populations, en sortant un peu, voire beaucoup des sentiers battus...

C'est ce que nous avons fait avec nos amis Michel et Fériel, du 09 au 19 juillet, en rayonnant sur l'île de beauté, la bien nommée, à partir de deux gîtes.

Le premier, en Haute-Corse à Furiani pour découvrir, en partie le Cap Corse, le second à Cardo-Torgia, pour visiter une partie de la Corse-du-sud.

Notre Parcours

Nos circuits schématiquement...

Nos circuits factuellement...

Musique de la vidéo : Steppenwolf - Born To Be Wild (Easy Rider)

Le 09 juillet en milieu de matinée, après avoir fixé le dernier sac (dédié aux vêtements de pluie, que nous n'utiliserons pas et aux pulls), nous avons quitté Plouasne sur notre Goldwing 1800 pour rejoindre, par les routes départementales,  Rueil-Malmaison où résident Michel et Fériel, chez qui nous sommes arrivés vers 18h00.

Après une très agréable soirée barbecue dans le jardin, en présence de nos enfants et de notre petite fille, "nos parisiens", invités à l'initiative de nos hôtes, une belle surprise, nous avons fait dormir les yeux avant d'entamer notre périple.

Ainsi, le 10 juillet nous avons débuté notre Road Trip en sculptant au "carré"  les pneumatiques de nos motos par un trajet autoroutier Rueil-Malmaison - Orange, soit environ 750 kilomètres du fait du contournement de Lyon. 

Le 11 juillet matin, nous avons repris le modelage de nos pneumatiques sur 300 kilomètres, en rejoignant Nice par l'autoroute, pour continuer à préserver nos passagères et par gain de temps, l'appareillage de notre ferry le "Pascal Lota" étant programmé à 14h00.

Le Pascal Lota est un ferry rapide du groupe Corsica Ferries - Sardinia Ferries. Construit entre 2007 et 2008 par les chantiers Fincantieri à Ancône pour la compagnie estonienne Tallink, il portait à l'origine le nom de Superstar.

Mis en service en avril 2008 sur les lignes reliant l'Estonie à la Finlande, il effectuait sur cet axe plusieurs traversées quotidiennes grâce à sa grande vitesse.

Cédé à la fin de l'année 2015 à Corsica Ferries, il intègre la flotte du groupe franco-italien. Sixième navire rapide acquis par la compagnie, celui-ci devait à l'origine être nommé Mega Express Six. Il sera finalement baptisé du nom de Pascal Lota le 3 mars 2017, en hommage au fondateur de la compagnie bastiaise, décédé en janvier 2016.

Le Pascal Lota arrive pour la première fois à Bastia le 1er juin 2017 en provenance de Livourne

La distance entre Nice et Bastia en bateau est de 128,00 milles nautiques, à vol d'oiseau, 323 kilomètres.

Le navire effectue la traversée Nice Bastia en 5h40 en moyenne.

Quelques vues du Cap Corse et de la côte de l'île de Beauté, prises du pont du ferry.

Au large du Cap Corse, à  environ un 1,3 kilomètre au nord du port de Barcaggio, l’île toute en longueur de la Giraglia couvre une surface de 10 hectares et culmine à 66 mètres de hauteur.

Elle est un prolongement des crêtes du Cap Corse isolé de la côte il y a environ 10 000 ans.

L’île est entourée de fonds rocheux qui se situent entre 3 et 5 mètres de profondeur avant de plonger à 15-20 mètres et rejoindre un très vaste herbier de posidonies. 

Cet étonnant rocher soufflé par les vents est souvent frappé par les tempêtes. Ce qui l'isole du reste du monde. Avec un point culminant à plus de 60 mètres en partant du niveau de la mer, l’île de la Giraglia mesure à peu près 50 mètres de large, et 800 de long. Cet îlot plutôt grand pour la Corse a été habité en permanence depuis le XVIe siècle et jusqu’à une date très récente présente un intérêt extraordinaire pour les scientifiques.

 

Si l’île est surtout connue du public pour son phare et la tour génoise, édifiés côte-à-côte sur sa pointe nord, son éloignement des côtes et son altitude en font un refuge pour de nombreuses espèces et un sanctuaire pour quelques formes endémiques, ce qui lui a valu un classement en Réserve Naturelle en 2017.

Située dans le nord-est de la Corse, entre mer et montagne, Bastia, petite perle de Méditerranée se situe à environ 35 kilomètres à vol d'oiseau de la pointe Nord du Cap Corse.

Principal port de l'île avec 55% de son trafic maritime et sa principale ville commerciale. 

Après avoir débarqués, avec retard du fait d'un camion en panne bloquant les passerelles entre les ponts, nous rejoignons notre gîte aux portes de Bastia,  à la sortie du village médiéval de Furiani.

Cet ancien fief seigneurial porte toujours la marque de son riche passé. Au cœur du village, bâtie sur un éperon rocheux, une imposante tour carrée du Moyen Âge est le dernier vestige de l’ancien château de Furiani. Étagées à flanc de collines, ces habitations traditionnelles de la Corse rurale donnent à l’arrière- pays bastiais son véritable caractère.

Prévenu de notre retard, notre hôte André a pris soin de nous réserver une table au restaurant situé en face de sa maison, pour notre premier dîner sur l'île de beauté. 

Notre gîte, le Mas Saint-Dominique, est une superbe maison en pierre, située sur une propriété de 8200 m². A l'origine, une ancienne bergerie traditionnelle corse (Pagliaghju ), rénovée de manière à préserver l'âme authentique de cette bâtisse du 19ème siècle.

Nous bénéficions de deux chambres spacieuses, les chambres "Joséphine" et la "Favorite" dont le mobilier et la décoration sont composés de pièces uniques, chinées par le propriétaire, qui est également un passionné d'art et de décoration.

 C'est au départ du Mas Saint-Dominique, après une petit déjeuner exceptionnel servi par André, notre hôte attentionné, sous la pergola ombragée d'une glycine, que nous entamons le 12 juillet, notre première balade moto en direction du Cap Corse.

Cette péninsule, d’une beauté saisissante, située à l’extrémité nord de la Corse fait seulement 40 km de long et il y a qu’une seule route pour en faire le tour de Bastia à Saint Florent : la D80, aussi tortueuse que fabuleuse et offrant des paysages contrastés entre mer et montagnes. Il faut compter au minimum une journée complète pour faire le tour du Cap Corse en véhicule. Il est conseillé de le faire d’Est en Ouest afin d’être du bon côté de la route (côté littoral) et profiter également de la meilleure lumière.

On retrouve sur le Cap Corse tous les attraits de l’ile de beauté : les plages sauvages, les criques, le maquis, les montagnes, les villages de caractère, les tours génoises, des panoramas incroyables sur des routes qui nous en mettent plein les yeux à chaque virage.

Et ils sont nombreux... Ce qui va nous permettre "d'arrondir" nos pneumatiques, mis au "carré" sur les premiers 1000 kilomètres.

Située à 20 kilomètres de Bastia, sur la route territoriale 80, la tour de Losse ou tour de Losso est un édifice du XVIe siècle, situé sur la commune de Cagnano.

Construite en 1599 aux frais des communautés du Cap Corse en raison de son utilité publique. La tour, propriété de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse a été restaurée entre 1978 et 1980.

Cette tour de défense est aujourd'hui la mieux conservée du Cap Corse.

Lors d’un séjour en Corse, impossible de passer à coté des tours génoises, ces anciennes forteresses de défense qui jalonnent les bords de mer, offrant des panoramas exceptionnels.

Certaines d’entre elles ont été rénovées, tandis que d’autres ont été laissées à l’abandon, faute de moyens pour les entretenir. Quelque soit leur état actuel, elles restent des témoins inestimables de l’Histoire de l’île de beauté.

Pour autant, toutes les tours ne sont pas génoises.

Certaines sont "Paolines" édifiées, sur les ordres de Pascal Paoli, général en chef qui a présidé aux destinées d'une Corse indépendante.

D’autres sont "Pisanes" plus anciennes, datant du XIIème siècle, elles sont construites sur des arêtes montagneuses, ce qui permettait une meilleure défense en cas d'attaque.

Mais c’est à cause de leur architecture et aussi par simplicité, qu’on les nomme "tours génoises" dans le langage courant.

Construites en pierre, les tours génoises sont majoritairement circulaires. D’une hauteur comprise entre 12 et 17 mètres, et larges de 8 à 10 mètres, les tours sont imposantes.

De plus, la hauteur de la construction permet d’avoir 3 étages et un sous-sol.

C’est à la demande des villageois que les tours furent construites au début du XVIème siècle époque où la Corse faisait partie de la République de Gênes. Les tours permettaient ainsi de surveiller l’horizon, pour prévenir d’éventuelles attaques, mais aussi se défendre. La Corse comptait 120 tours en 1730, il n’en reste aujourd’hui que 67.

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Petite frustration pour des amateurs de photographies, il est très difficile à moto de trouver des aires de stationnement stabilisées en bord de route pour s'arrêter et béquiller en toute sécurité... Dés que l'occasion se présentait nous sortions nos boîtiers.

Au cours de ce premier arrêt, afin de photographier la Tour de Losse, les paysages alentours, les falaises et la mer, un groupe de dauphins a commencé à chasser sous nos yeux. Première halte qui augurait de futures belles surprises.

Photo Michel Boutet

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Après notre pause à quelques centaines de mètres de la Tour de Losse, nous avons poursuivi notre route le long du littoral, jusqu'à la D180 que nous avons empruntée jusqu'à Luri, pris la direction du col de Sainte-Lucie qui culmine à 381 mètres, laissant à main gauche, la Tour de Sénèque, où le célèbre philosophe aurait vécu entre 41 et 49 après notre ère lors de son exil en Corse.

Sur la route, nous passerons devant le mausolée qui contient les cendres de la fille de Gustave Eiffel qui a épousé un diplomate corse.

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Puis nous atteignons la côte ouest du Cap Corse, entre les cols de Santa Lucia et de Minerbio. Nous dominerons le village de Pino, bâti à flanc de montagne, il dégage un charme méditerranéen séduisant, avec ses grands palmiers qui s’élèvent au-dessus de tombes ornées et des élégantes maisons dites "d'américains" érigées par des Corses revenant de Porto Rico pendant la période coloniale car, à la fin du XIXe siècle, bon nombre d'habitants se sont expatriés en Amérique latine et ont envoyé de l'argent au pays. 

Au port de plaisance, juste en dessous du village, on peut voir un vestige du moyen âge, le couvent franciscain Saint-François fondé en 1486 et à l'histoire chaotique. En attente d’une restauration approfondie, prise en compte par la Fondation du Patrimoine, il va pouvoir être rénové. De belles fresques au-dessus de l’entrée peuvent encore être admirées. 

Pour notre pause méridienne nous avons décidé de faire halte à Centuri, l’une des destinations les plus prisées du Cap Corse.

Ce n’est qu’au tout dernier moment, au détour de l’ultime virage que nous apparait ce petit village aux  maisons aux couleurs pastel entourant un port charmant et minuscule. Pittoresque et coloré à souhait, minuscule point d’accostage pour les voiliers visiteurs ou pour les bateaux de villageois pêcheurs, Centuri se savoure des yeux et dégage un havre de paix et un charme envahissant.

Centuri tiendrait son nom de "Centurinum Civitas", antique bourgade existante 6 siècles avant notre ère.

En 1757 Pascal Paoli fait de Centuri le port militaire de la nation Corse indépendante. 

Le village compte 211 habitants permanents. La population quadruple durant l’été. Centuri est en effet l’un de points les plus touristiques du Cap Corse.

En quittant Centuri, nous emprunterons la D35 et laisserons le village perché de Cannelle dont la voie centrale est pavée à l’antique, pour rejoindre le Moulin Mattéi qui culmine à 400 mètres. Ce point de vue est un lieu de passage obligé offrant un magnifique panorama sur la côte occidentale du Cap Corse, l’Agriate et en arrière-plan, les hauts sommets comme le Monte Padru, belvédère extraordinaire sur le Nord de la Corse, dont il ne faut pas négliger la difficulté liée à un parcours majoritairement hors sentier sur un important dénivelé.

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Vue plongeante du parking du Moulin Mattéi, sur le petit port de Centuri et l'îlot de Capense. De forme grossièrement triangulaire, l'îlot de Capense appartient à la Réserve Naturelle des îles du Cap Corse, créée en 2017. L'écosystème y est particulièrement vulnérable. Présence notamment de la fragile nananthée (plante annuelle très grêle de 3-6 cm entièrement glabre), inscrite sur la liste rouge de l'Union Internationale pour le Conservatoire de la Nature(UICN). Débarquement sur l'îlot interdit toute l'année.

La Pointe du Cap Corse est la seule région de l’île à compter autant de moulins à vent, au total 14, dont seulement 7 sont encore visibles aujourd’hui, mais souvent en ruine.

Ils ont été édifiés à la fin du XVIIIe siècle et n’ont été en fonction que jusqu' au milieu du XIXe siècle. 

Au col de la Serra, trois moulins sont présents. Deux servent d'abri pour un élevage de chèvres et un autre, le « moulin Mattei »  ancien moulin à vent Franceschi, qui a cessé de fonctionner après avoir été foudroyé en 1836 a été transformé un siècle plus tard, en faux moulin de réclame pour l’apéritif Cap Corse Mattei. 

 

Le Conservatoire du Littoral a racheté le moulin et ses abords (3 hectares) en 2004 et décidé de le restaurer comme il était en 1930. Ses abords sont aménagés et l’été, des expositions y sont présentées.

Au sommet du col de la Serra sur la commune d'Ersa, le Moulin Mattei, par son histoire singulière et le superbe panorama à 360° qu'il dévoile, est une halte incontournable. Ce 12 juillet, le "Libecciu", vent violent en toute saison de secteur Sud-Ouest, qui traverse l'Italie et la Corse et fait souvent des siennes dans ce coin est absent, nous permettant l'ascension  qui se fait uniquement à pied, jusqu'au moulin. 

Tout le long du sentier, caillouteux et pentu, mais très accessible, menant au moulin, des panneaux nous relatent, par le biais d'un dénommé Mattéa âgé de 13 ans, son histoire liée au site. 

Du promontoire sur lequel se trouve ce célèbre moulin partent plusieurs petits chemins qui s'offrent à nous pour explorer les environs et admirer les vues sur la mer.

Statue de sainte Dévote, patronne de la Corse. Jeune chrétienne corse, Dévote est morte martyrisée au IVe siècle sous Dioclétien pour avoir refusé de renier sa foi.

Selon la légende, des villageois auraient alors placé son corps dans une barque pour l'emmener vers une terre libre afin de lui donner une sépulture, que l'autorité romaine lui refusait. Sortie de la bouche de la sainte, une colombe guida l'embarcation jusqu'au vallon des Gaumates, dans l'actuelle principauté de Monaco.

De fait, en plus d'être la patronne de la Corse, la sainte est aussi la patronne de Monaco.

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Vers le Nord, s’étend la commune d’Ersa. La plus septentrionale des communes du Cap, compte 155 habitants permanents. Son territoire s’étend sur 2045 hectares (20 km²). Avec Rogliano , à l’est et Centuri, à l’ouest, la commune occupe un point stratégique, aux avants postes de la Corse abordée par le nord. 

En arrière plan, les îles toscanes de Capraia et de la Gorgona et les côtes par temps clair. 

A l’Est l’île de la Giraglia est surtout connue pour son exposition aux vents, qui en fait un endroit extrêmement difficile à atteindre. En effet, l’îlot est isolé du reste de la Corse par les tempêtes, et ce quasiment toute l’année.

Rocher abrupt de serpentine verte exposée à tous les vents, l’île de la Giraglia, se dénommait originellement « A Zerlaia » tirant sa dénomination du nom corse "jarret",  sorte de sardine moins grasse avec moins d'écailles, abondamment pêchés dans ces eaux. 

Dominant la pointe du Cap Corse, l’île de la Giraglia marque le passage obligé pour tous les navires qui passent de la mer Méditerranée à la mer Tyrrhénienne, autrement dit d’un rivage à l’autre de la Corse.

Le caractère stratégique de cet îlot n’a pas échappé aux Génois, qui décidèrent dès 1551 d’y fonder une importante tour, dont la construction fut lancée en 1573 et achevée en 1585.

Cette île accueille aussi un des phares les plus puissants de la Méditerranée : le phare de la Giraglia, classé Monument Historique le 19 avril 2011. L’édifice a été mis en construction en 1839 juste à côté de l’ancienne tour génoise. Il fait partie des 5 phares (Îles Sanguinaires au sud-ouest, Pertusato et Chiappa au sud, Revellata à l’ouest et Giraglia au nord) qui furent construits pour ceinturer l’Île de Beauté.

 Il fut allumé pour la 1ère fois le 1er janvier 1948.

Avec sa tour cylindrique centrée sur un soubassement rectangulaire, lui-même surmonté de créneaux, le phare de la Giraglia a un faux air de château fort. Aujourd’hui, il est automatisé et télécommandé depuis Bastia, et il a été fermé aux visites.

La plage de Barcaggio, la plus au nord de l’île est au bout d’une longue route où il ne fait pas bon se croiser car par endroit très étroite et pleine de "nids de poules"... Mais une fois arrivé, quel paysage ! La vue est impressionnante !

 Barcaggio existait déjà six siècles avant notre ère.

Cet ancien petit port de pêche se trouve au fond d’une baie paisible, à l’embouchure du ruisseau l’Acqua Tignese (jadis nommée Acqua di Agnese). Le cours d’eau était à l’époque franchi à l’aide d’une barque (barca), d’où son nom de Barcaggiu, il existe aujourd’hui une passerelle qui permet de le franchir, près du parking de la plage.

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Une eau transparente, un sable doré et fin, des touristes peu nombreux.

Sa tour génoise d’Agnello, sur la pointe d’un rocher à portée de marche, après avoir traversé toute la plage puis un maquis corse un peu sec qui affronte le vent marin, on arrive à cette tour en ruine, sur le bord de mer depuis tant d’années,

 la vue sur l'îlot de la Giraglia et son phare flanqué d'une tour carrée,

ce sont tous les ingrédients du paysage sauvage qui séduisent le voyageur.

 Et en bonus, comme compagnons de bronzage, quelques vaches qui prennent le soleil devant le paysage magnifique...

Nous n'avons pas rêvé. Ce décor marginal, c'est bien celui de la plage de Barcaggio. Reculé de tout, à la pointe du Cap Corse, ce petit coin de plage est très agréable, on y vient pour faire une pause et se ressourcer. Car ici, le temps semble s'être arrêté.

Il y a généralement beaucoup de banquettes de posidonies sur cette plage. Elles atteignent parfois des hauteurs surprenantes donnant un caractère encore plus sauvage à ces lieux exempts de toute construction hormis le petit village de pêcheurs…

La posidonie n'est pas une algue mais de l’herbe marine qui joue un rôle écologique et économique important. Il n’y a aucune odeur comme avec certaines algues, et c’est également un signe de grande qualité de l’eau.

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En tournant le dos à la mer et à l'île de la Giraglia, on peut admirer un paysage magnifique et quelque peu atypique, mêlant dunes de sable, parmi les plus hautes de Corse, et végétation.

Après avoir pleinement profité de cette pose, quasi tropicale, nous avons enfourché nos deux roues pour deux heures de "pilotage" pour rejoindre notre gîte à Furiani.

Le 13 juillet en milieu de matinée, nous avons quitté Furiani pour traverser par son centre l'île de beauté et rejoindre notre second gîte, à Cardo-Togia, en Corse du Sud. Près de 180 kilomètres sur des routes nous offrant des paysages magnifiques.

Sur ce parcours nos passagères respectives ont "souffert" subissant les angles imposés par les pilotes et leurs décélérations puis accélérations pour enchainer tous les virages avec très peu de répit entre deux courbes...

Notre premier arrêt se fera à Corte, qui se trouve à 68 km de Bastia et à 80 km d’Ajaccio.

Capitale historique de la Corse la ville jouit d’un emplacement privilégié au centre de l’île. Sa citadelle a été construite vers le XVIIIe siècle et se dresse autour d’un magnifique château du XVe siècle. Elle se démarque des autres citadelles de Corse, car elle est la seule à être implantée dans les terres.

Faisant partie des monuments historiques, Corte avec sa citadelle permet de mieux comprendre la vie historique et culturelle de la ville, cosmopolite, vivante et estudiantine.

Plus qu’ailleurs, Corte cultive le souvenir de Pascal Paoli. Place, cours, statues... tout résonne ici du nom du père de la patrie corse, qui fit de Corte la capitale de l’Île entre 1755 et 1769.

Fils cadet de Giacinto Paoli, général de la Nation qui en 1729 devient l'un des chefs des insurgés lorsque la Corse se soulève contre la domination génoise. Pascal Paoli, né le 6 avril 1725 à Morosaglia au centre-nord de la Corse, vit sa petite enfance dans un climat  d'insoumission et de désir d'indépendance.

En 1739, il connaît son premier exil à Naples lorsque son père est banni après la conquête de l'île par le marquis de Maillebois. Pascal Paoli entre en 1741, comme cadet dans le régiment de son père, après avoir suivi les cours de l'Académie royale de Naples.

En 1755, il revient en Corse où il est élu général en chef et préside aux destinées d'une Corse indépendante.

Paoli dote l'Etat corse d'une administration, d'une justice, d'une monnaie et d'une constitution républicaine…

Mais tout est remis en question avec le traité de Versailles du 15 mai 1768 par lequel la République de Gênes offre la Corse à la France en garantie contre un prêt de deux millions de livres.

Paoli soulève alors les populations contre les armées de Louis XV. Battu, mais refusant de se soumettre, il reprend le chemin de l'exil et trouve l'hospitalité en Angleterre. Amnistié pour avoir des idées proches de celles de la Révolution française il revient en Corse dès 1790 et est élu commandant en chef de la Garde Nationale et président du Directoire Départemental. Cependant la radicalisation des événements amène Pascal Paoli à s'éloigner de la Convention.  Considéré comme contre-révolutionnaire, il est, en 1793, déclaré "traître à la république française".

En juin 1794, Paoli convoque une "consulta" où les patriotes corses et députés élèvent Pascal Paoli au rang de "Père de la Patrie".

Il se rapproche de l'Angleterre pour séparer la Corse de la France et l'unir à l'Angleterre : c'est l'éphémère royaume anglo-corse (juin 1794-octobre 1796) avec à sa tête le vice-roi anglais Sir Gilbert Elliot. Plus qu’ailleurs, Corte cultive le souvenir de Pascal Paoli.

Corte c'est également des maisons hautes qui semblent chercher la lumière, des rues pentues pavées de galets, des jardins au milieu de la ville. Quelques édifices conservent dans leurs murs les signes de l’Histoire et parfois de la rébellion. La façade de la maison Gaffory, sur la place éponyme, est criblée d’impacts de balles rappelant les attaques commises contre son propriétaire, chef de la révolution insulaire à partir de 1745 et assassiné par les Génois en 1753.

Turghja est un hameau isolé qui possède une rare tour ronde, notre lieu de résidence. Elle se dresse au milieu d’un habitat structuré de sept maisons en ruine. Chacune renfermait son four et son jardin. La chapelle est consacrée à San Fruttuoso (vocable extrêmement rare) ; on peut y voir une "arca" (sépulture collective).

Après une pause réparatrice et rafraichissante pour les équipages, nous reprenons la route dans le centre de la Corse.

Entre les villages de Vivario et Venaco, nous traverserons l’épaisse forêt du Verghellu et ses pins laricio. Ce pin noir endémique de Corse, utilisé dans le passé comme mât de navire, peut atteindre jusqu’à 50 mètres de haut et affectionne, au-delà du royaume du chêne vert, l’étage de la forêt situé entre 800 et 1500 m. 

Nous franchirons le col de Vizzavona qui marque la frontière entre la Haute-Corse et la Corse-du- Sud. Nous nous arrêterons pour déjeuner dans la vallée de la Gravona, dans le village de Bocognano cerné de sommets.

Bocognano est le plus haut village de la Haute Gravona, la commune s’inscrit dans un décor grandiose dominé par le Monte d’Oru et le Renosu et compte aujourd’hui un peu plus de 460 habitants, répartis sur les onze hameaux qui la composent.

En début d'après midi nous reprendrons la route en direction du village de Grosseto-Prugna où nous avons rendez-vous avec le propriétaire de la tour de Cado-Torgia que nous avons louée pour toute la durée de notre séjour en Corse du sud.

La commune de Grosseto-Prugna prend place dans le Taravo, à une trentaine de kilomètres au sud d'Ajaccio

Peuplée depuis l'époque gallo-romaine, la commune de Grosseto-Prugna possède une histoire riche et passionnante. Autrefois peuplée par les Génois et victime d'assauts barbaresques entre le XVIe et le XVIIe siècle, elle est devenue avec le temps un haut lieu du tourisme corse.

Christian Habani, le propriétaire du gîte nous rejoindra devant la fontaine de Grosseto-Prugna avec son Polaris, dans lequel nos équipières, trop heureuses de ne pas remonter sur nos motos, pour les kilomètres restant, embarqueront pour rejoindre la piste menant à notre lieu de villégiature, situé à Cardo-Torgia.

La commune de Cardu Turghja en corse, se compose de deux hameaux distants qui puisent leurs origines dans l’organisation médiévale de ces terres.

Ainsi Cardu qui constitue la première partie de la commune ne comprend que quelques maisons groupées et une église dédiée à San Vitu (fêté le 15 juin), un des quatorze saints thaumaturges vénérés au moyen âge.

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Les maisons en ruine qui entourent la tour dans laquelle nous résiderons une semaine.

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La chapelle est consacrée à Saint Fructueux (San Fruttuoso).

Cette chapelle, à l'origine du milieu du moyen âge, figure dans la relation de la visite apostolique effectuée en 1587 par Monseigneur Mascardi comme annexe de l'église paroissiale Saint-Césaire de Grosseto. Le prélat souligne le dénuement de cet édifice à nef unique, au sol en terre battue, comportant un seul autel dépourvu de toute garniture d'autel et de tout objet nécessaire au culte.

Restauré au cours de la première moitié du 17e siècle, il est dit "décent" et doté de tout ce qui est nécessaire au culte en 1686 dans le rapport de Don Pellegrino Gervasi, délégué du visiteur apostolique Monseigneur Spinola.

En 1831, ce lieu de culte est en très mauvais état, comme l'indique le maire dans une lettre adressée au sous-préfet. Mentionnant les désordres observés dans les parois et l'effondrement partiel du toit, le magistrat conclue : "il faudra sans doute l'abandonner". La chapelle d’origine romane, fut entièrement restaurée avec les matériaux de l’époque au cours de la seconde moitié du 20e siècle.

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Texte placardé sur la porte de la Chapelle

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez, autant que possible en bons termes avec toutes les personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même les simples d'esprit et les ignorants, ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit. Ne vous comparez avec personne : il y a a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe. Soyez vous même. Surtout, n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez pas cynique en amour car, il est, en face de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d'être ici. Et, qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait. Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Tachez d'être heureux.

Poéme d'un auteur inconnu trouvé dans une église de Baltimore en 1692

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Ce territoire fut fortement cultivé. Trente-cinq aires à blé attestent à la fin du XIXe siècle de l’importance des cultures céréalières.

De nombreux arbres fruitiers et des vergers abandonnés se devinent encore dans ce qui fut, jusqu’à un passé récent, une vallée verdoyante et fertile. 

Le maquis, à perte de vue tout autour de notre tour...

Armoireries

de la famille Bozzi.

"De gueules à la tour d'or soutenue de deux lions du même"

Issue de la famille

d'Ornano, confirmée dans sa seigneurie et autorisée à porter les armes par concession du Sénat de Gênes

par acte

du 4 septembre 1479.

Plusieurs sentiers, qui existaient bien avant la création des routes, comme celui de Panicale, ou encore des chemins de village à village (de Cardo à Torgia, Zigliara, Poriciolon Azilone-Ampaza et le hameau de Prugna), nous permettront d'arpenter ce petit coin du Taravo et tout au long du parcours on découvre murets, des passerelles, des ponts et de vieilles maisons en pierres.

Compte tenu de la description de la piste sur les 1200 mètres à parcourir pour rejoindre la tour, Christian nous proposera de nous la faire reconnaître à bord de son véhicule, et même de nous laisser son véhicule pour le cas où nous ne nous sentirions pas capables de gravir cette piste présentant de beaux dévers et parfois quelques rigoles de bonnes tailles...

Un défi nous était lancé. Michel et moi le relevâmes alors que notre hôte emmenait nos épouses faire des courses pour quelques jours.

Vidéo de la descente (moins impressionnante et plus simple que la montée) de la piste empruntée entre notre gîte et la route...

Il est évident que Turghja se mérite !

Fort de notre expérience dans le désert des Bardenas Reales avec nos routières, pour Michel et moi, la piste est un exercice de pilotage que nous abordons avec calme et sérénité...

Les pilotes, heureux d'avoir vaincu la piste et relevé le défi de Christian, ancien pilote de course et collectionneur de véhicules, pour qui "seuls de vrais pilotes peuvent monter et se stationner au pied de la tour".

Nous emprunterons cette piste avec les motos avec nos équipières deux fois par jour, pour aller parcourir la Corse du Sud.

Nos épouses, de retour des premières courses alimentaires avec Christian.

Il fallait la benne du Polaris pour assurer ... Nous sommes dans le maquis et demain c'est le 14 juillet ! 

Musique de la vidéo : Eddie Vedder - Guaranteed (Into The Wild)

 Turghja, site de notre séjour du 13 au 19 juillet est un gîte de charme insolite, pour un séjour hors du temps.

Cette tour d'octroi du 16ème siècle, située au cœur du maquis, au centre d'un hameau abandonné est la sentinelle d'un passé oublié.

Elle se compose :

- Au rez-de-chaussée d'une chambre circulaire de 21 m²  comprenant une salle d'eau de 4 m² avec douche à l'italienne
- Au 1er niveau, avec accès par escalier extérieur, un séjour/cuisine de 22 m² avec poêle à bois et tous les équipements de confort.
- Au 2ème niveau avec accès par un escalier intérieur partant du séjour, une chambre circulaire de 23 m² comprenant une salle d'eau de 5 m² avec douche à l'italienne.

A l'extérieur,  nous bénéficions d'une terrasse aménagée avec piscine privative chauffée...

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                                                                                   Torgia, une tour, une histoire...

                                        A Turghja una torra, una storia...

Aujourd'hui restaurée, la tour, comme le hameau ont eu à supporter péniblement le poids des ans

En effet, désertée depuis plus d'un siècle, le vent, la pluie, le maquis, les ronces ont contribué à éroder ce lieu rempli d'histoire.

Dame nature face à l'inconscience commune reste sans pitié et finira par mettre à rude épreuve les murs et le toit de cette maison forte.

L'intérieur n'a évidemment pas résisté.

A ciel ouvert depuis trop longtemps les planchers des deux étages se sont totalement effondrés !

Elle est la seule tour de défense (8 meurtrières), de guet et d'habitation éloignée du littoral.

Le seigneur (USgio) Colonna Bozzi propriétaire des terres et de la tour octroyait un droit de passage aux paysans à l'occasion des transhumances.

A présent qu'en est-il ?

Ce lieu dont j'ai usé et abusé durant mon enfance, j'en suis devenu le propriétaire en 2002.

Aidé par des parents et des amis, je me suis attelé avec de modestes moyens et beaucoup d'huile de coude à redonner un peu de vie à notre tour de Torgia.

J'ai entrepris cette démarche en 2005. ce rêve d'enfant de voir un jour la tour réhabilitée est devenu réalité à l'aube de l'été 2015.

Convaincu qu'au cours de ces dernières années la Tour a du faire plus que de la résistance pour ne pas abdiquer... Tenir debout et ne pas s'effondrer. Lorsque je la regarde je me réjouis d'avoir modestement contribué à ce que son temps ne soit jamais plus compté.

Il en va ainsi de l'histoire de Turghja et de son extraordinaire tour.

                                                                                                                                                                      Christian Habani   - juin 2016

Quelques photos de notre gîte, prises de nuit par Michel. La tour éclairée est sublimée sous un ciel étoilé

Fin de journée à Cardo-Torgia, après une baignade rafraîchissante au retour de nos balades motos. C'est le temps de l'apéro au rosé corse, accompagné de sa charcuterie régionale. Puis dîner au bord de la piscine.

D'un commun accord...

Surtout de nos équipières et épouses,

mises à rude épreuve sur les kilomètres

parcourus depuis notre départ...

Nous passerons la journée du 14 juillet au calme, à profiter de notre tour et de sa piscine, à arpenter quelques sentiers avoisinants et à contempler la beauté des paysages qui nous entourent.

Avant, dès le 15 matin, d'enfourcher nos motos pour rouler à la découverte d'une partie de la Corse du Sud...

Porto  bello; Plage de Cupabia; Bonifacio; Cargèse; Calanches de Piana; Col de la Séphia; Tassinca; Ajaccio...

A suivre ...

Terra Corsa (Clip officiel)Corsu - Mezu Mezu 2
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