Teranga, voilà c'est fini...

« Il est un temps pour chaque chose… ».

Pour moi, en ce début d’hivernage, au terme de six années au Sénégal, est venu le temps de tourner mes objectifs vers d’autres lieux, d’autres horizons, fort de nouveaux projets que j’espère pouvoir vous dévoiler, sous peu, accompagnés de beaux clichés…

Mais sachons raison garder, comme l’a si bien écrit Anne BARRATIN en 1913 « Nuisible désir de toujours vouloir hâter les choses : permettons au temps de prendre son temps ».

Dans cette attente, je continuerai à vous faire partager mes photos du Sénégal, j’en ai encore beaucoup à publier...

J'étofferai mes pages sur la Bretagne, ses paysages, ses clochers et calvaires, sa flore et sa faune…

L’automne prochain y sera propice.

« Partir, c'est mourir un peu…

C'est toujours le deuil d'un vœu

On laisse un peu de soi-même…

C'est son âme que l'on sème… »

Edmond HARAUCOURT, Rondel de l’adieu, 1890

Ces années en « Teranga » terre d’hospitalité, furent une très belle aventure, en deux tomes, pour y avoir exercé deux professions…

Une parenthèse, pas toujours enchantée, ceux qui me connaissent savent que :

J’ai râlé, perdu patience, me suis énervé sur le fait que tout se réalise, mais en deux à trois fois minimum, et uniquement « à la grâce de… », qui ponctue chaque fin de phrase…

J’ai pesté sur leur façon de vous aborder, de vous faire croire que nous nous sommes déjà rencontrés, de vouloir vous vendre tout...

« moins cher que gratuit »…

J’ai refusé par survie, de m’adapter à leur façon de conduire, pour eux… sans prendre en compte les autres usagers de la route,

le plus gros étant, comme dans la nature, prioritaire…

Je n’ai pas pu accepter cette saleté, quasi entretenue, vous êtes salués par les ordures à l’entrée d’un village et salués également par elles à la sortie… Je me suis insurgé contre cette pollution permanente, ces déchets plastiques en tous genres qui s’échouent sur les plages, jonchent la brousse, s’accrochent aux branches les transformant en arbres à sacs...

Mais,  en six années j’ai appris...

A relativiser … quant à « l’émergence » d’un pays et de sa population, quant à la nécessité de comparer les continents…

 

A  faire preuve d’indulgence, à me montrer plus diplomate, à m’interdire de donner des leçons…

A vivre un peu plus à l’écart de la société de surconsommation, à m’adapter et à faire avec ce que j’avais ou avec du « local »…

 

A  vivre sans saisons… "Sous le soleil brûlant d’Afrique"…

A aimer cette douceur de vivre, cette nonchalance africaine, cette empathie permanente, cette population souriante…

J’ai décuplé mon potentiel contemplatif, développé mon intention photographique pour partager ce que j’avais le privilège de voir…

Oui, j’ai Appris… (avec le grand "A" des mots qui ponctue la rencontre avec le renard, dans le Petit Prince de SAINT-EXUPERY :

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Cette ligne est à ton intention, toi qui m'accompagne et me conforte dans mes choix depuis 35 années !

Je suis aujourd’hui convaincu que ...

« Le temps bien ménagé est beaucoup plus long que n'imaginent ceux qui ne savent guère que le perdre »,

comme l’a si bien exprimé en 1757 Bernard FONTENELLE dans son recueil « Pensées et réflexions ».

Il ne s'agit pas d'un nouveau départ, la vie est un chemin d'initiations, d'étapes successives qui sont partie intégrante de ce que je suis

et, de fait, de mon devenir, de mes nouveaux challenges, de mes nouveaux horizons.

Alors, fidèle à ce que je me suis promis d’être, je suis résolument tourné vers l’avenir, saluant le passé, vivant le présent 

et souriant à mes lendemains.

A très vite, pour de nouvelles images sur « mes temps de pose ».

L’aventure continue, « On ne meurt pas d’une overdose de rêve » (Guillaume Lacroix - 2013).

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