Marcher avec des lions... 

Musique :

Ballades africaines

Mame

Un sujet qui sur certains forums est évoqué très cyniquement et fait claquer négativement les touches des claviers…

Je ne m'étendrai pas sur les raisons évoquées...

Certes, les conditions d’obtention de certaines photos peuvent sembler assez contraires à « l’éthique » des grands photographes naturalistes que j’admire, mais pour autant, alors que mes objectifs ont, à de multiples reprises côtoyé la faune sauvage, je ne me suis pas senti mal à l’aise avec ces prises de vues.

De ce que nous avons pu constater, les animaux étaient libres de leurs actions sur l’itinéraire emprunté, à l’exception de quelques poses orchestrées par des soigneurs. Des sénégalais, formés par des rangers sud-africains, particulièrement attentifs au bien-être animal comme ont pu en témoigner les caresses et câlins mutuels auxquels nous avons pu assister.

Ce type « d’aventure » n’est proposé que dans 4 endroits au monde : Au Sénégal, à l’île Maurice, en Afrique du Sud et au Zimbabwe.

Pour nous, vivant alors en Afrique de l’Ouest, au Sénégal où en dépit de nos excursions dans le Niokolo Koba, zone de conservation des lions au Sénégal, nous n’avons jamais eu la chance d’en croiser, car ils sont malheureusement braconnés, nous avons souhaité vivre cette expérience dans la réserve de Fathala où nous avons séjourné deux jours.

La réserve de Fathala, située dans le delta du Sine Saloum, à proximité de Toubacouta, est un parc privé de taille moyenne que l’on découvre en 4×4, en suivant un parcours balisé. La tournée est intéressante, ce n’est pas un safari en pleine nature, mais ce n’est pas non plus la visite d’un zoo. Les animaux sont en semi-liberté, toutefois si vous voulez vraiment les observer il faut visiter cette réserve lors de la saison sèche : la visibilité y est alors meilleure, ce qui témoigne de l’espace dont dispose la faune qui y a été introduite.

C'est en milieu de matinée, après avoir écarté un varan de la piscine, puis joué à "Indiana Jones" au côté d'un ranger qui avait récupéré un python égaré près du lodge central, il y a des petits matins comme cela...  que nous avons rejoint le parc aux lions.

Une rencontre hors du commun, qui va nous permettre de mieux comprendre le comportement de ces animaux et surtout la difficulté pour ces orphelins d’être réintroduits dans la savane africaine.

Marcher à moins de trois mètres derrière des lions est une expérience que nous n'avions jamais imaginée.

Les voir de si près se déplacer, interagir entre eux et avec les marcheurs est sidérant.

Les lions que nous accompagnerons dans leur balade se prénomment Tiger pour le mâle et Kalela pour la femelle.

 Frère et sœur, orphelins ils sont originaires du Kalahari. Agés de 2 ans et trois mois, ils sont considérés comme juvéniles et pourtant... Ils sont déjà grands et la crinière du mâle est visible. Au total 180 kilos de muscles nous font face.

C’est donc avec un lion et une lionne, apprivoisés et reconnaissants pour leurs soigneurs  que nous avons fait notre marche.

Tiger marche face - Cadre Paysage - Rése
Kalela - Cadre Paysage - Réserve de Fath

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Tiger couché profil - Cadre Paysage - Ré
Kalela marche face bis - Cadre Paysage -

Les jeunes sont sevrés au bout de six mois et restent auprès de leur mère pendant encore deux ans.

Tiger, Kalela et trois autres lions se repaissent d'un âne tous les cinq jours... Pour la petite histoire... nous étions le cinquième jour leur repas serait servi en soirée.

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Très rares sont les endroits qui nous laissent approcher de tels fauves.

Sans barrière, sans attache, seul un bâton vous est remis afin de « montrer » au lion que les bipèdes que nous sommes ne sont pas une proie… Quel signe dérisoire au regard de la puissance de ces animaux…

Avant de débuter cette marche, en les attendant, nous recevons une série d’instructions : ne jamais marcher devant les lions, ne jamais leur tourner le dos, ne jamais lâcher le bâton…

Ce sera un exercice de style pour faire des photos présentables, car une fois l’œil rivé à votre boîtier, votre champ de vision se restreint et votre attention est détournée, ce qui me vaudra au cours de la balade, sous les yeux de Bénédicte que je photographiais avec Kalela, d’être frôlé et observé en coin avec insistance par Tiger revenant du sous-bois…

Plus de frayeur pour ceux qui assistèrent à la scène, que de mal pour moi.….

Le lion est probablement l'un des félins les plus connus avec le tigre.

Le corps de l'animal est long et trapu, et repose sur des pattes épaisses et puissantes. Le pelage assez court, est ordinairement couleur sable, chamoisé, jaunâtre ou ocre. Le dessous est plus clair, presque blanc chez la femelle. La tête, large, est ornée d'oreilles rondes au revers noir. La queue se termine par un long pinceau également noir.

Chez les mâles adultes, la crinière est d'une teinte plus soutenue, brun foncé, fauve ou noire.

Le lion consacre le plus clair de son temps à l'inactivité et ne chasse qu'à l'obscurité ou aux heures fraîches du matin. La grande majorité des prises sont assurées par les lionnes. En effet les mâles, étant plus lourds et moins rapides, s'avèrent moins efficaces. Les traques se pratiquent à l'affût lorsqu'un félin chasse seul, et par encerclement quand elles agissent en groupe. Le mâle ne participe que pour les proies les plus imposantes : buffles, éléphants pré-adultes... Habituellement leur rôle est d'assurer la protection de la troupe des autres lions.

A l'arrivée de ces  deux lions venant à notre rencontre,  une légère appréhension s'installe...

La même que celle ressentie lors de photos sous-marines de requins, en particulier avec le "Seigneur aux longues nageoires"

(voir article - https://www.mestempsdepose.com/rencontre-avec-le-longimane).

J'allais oublier qu' avant de partir à la rencontre de ces lions, vous devez signer une décharge, déclinant la responsabilité de la réserve en cas d’incident.

Soyons conscients que ce ne sont pas trois accompagnateurs équipés d’un simple bâton qui pourront éviter qu'un de ces deux fauves, aussi gentils semblent-ils, recouvrent juste quelques secondes, le temps d'un coup de patte... ses instincts primaires...

Pour cette balade nul autre visiteur que Bénédicte et moi.

Pour nous accompagner, notre guide Modu, un lutteur de plus de 2 mètres, accompagné de deux soigneurs achevant leur formation et d’un ranger sud-africain.

Modu et Tiger couché - Cadre Paysage - R
Modu et Tiger couché - Cadre Paysage - R

Après une première séance photos, avec les lions, nous avons entamé notre balade sous l’œil attentif de nos accompagnateurs. Durant près d’une heure nous nous sommes promenés avec les fauves ayant tout le loisir de les admirer marcher, courir et grimper, de les photographier en réalisant pleinement la magie du moment que nous étions en train de vivre.

Une aventure riche en adrénaline que nous ne sommes pas prêts d’oublier !

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Kalela se fait tirer la queue - Cadre Pa
Au pied d'un arbre - Cadre Paysage - Rés
Kalela branche dans la gueule - Cadre Pa
Tiger tête cachée - Cadre Paysage - Rése

Modu et Tiger une réelle complicité et une belle confiance mutuelle.

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Tiger repère des branches que Kalela va déplacer... 

L'objectif serait-il de se préparer un confortable couchage...

Kalela sur une arbre profil - Cadre Pays

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Kalela se fait tirer la queue par son soigneur

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kalela, la facétieuse, semble aimer voir de haut et pour ce faire grimpe régulièrement aux arbres...

Kalela dans un arbre - Cadre Paysage - R
Kalela dans un arbre 1 - Cadre Paysage -

Une pose pour immortaliser l'instant, Kalela sur une branche au-dessus de Bénédicte... 

Pour attraper sa proie, une lionne est capable de faire des bonds de près de 12 mètres de longueur et 4 mètres en hauteur... 

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Kalela dans un arbre 2 - Cadre Paysage -
kalela sur une branche de dos.jpg
Kalela sur un branche patte levée - Cadr
Kalela et morceau de viande sur la branc

Dans cette phase, tous nos mouvements se font en douceur et dans un calme affiché, afin de ne pas réveiller les instincts naturels du lion qui demeure un animal sauvage à la puissance musculaire impressionnante.

 

"La confiance est une forme d'inconscience". Eric FOTTORINO

"Un oiseau perché sur un arbre  n' a jamais peur que la branche se brise, parce que sa confiance n'est pas dans la branche, mais dans ses propres ailes... " Alors nous avons accordé toute notre confiance aux soigneurs,  car comme l'a écrit Albert CAMUS 

"Ce qui est possible mérite d'avoir sa chance...

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" La vie serait sans doute insupportable sans une certaine inconscience " Jacques LANGUIRAND

Kalela de profil face à tronc - Cadre Pa
Tiger marche profil - Cadre Paysage - Ré

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Tiger et Kalela près d'une termitière -
Kalela arrêtée profil - Cadre Paysage -

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En fin de balade, un des soigneurs, au bout d'un bâton un peu plus long, présente de petits morceaux de viande aux lions, qui font preuve d'une vivacité impressionnante pour s'en saisir.

Tiger couché et kalela debout - Cadre Pa
Tiger couché et kalela debout observent

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Tiger couché tête relevée GP - Cadre Car
Tiger mange tête GP - Cadre Paysage - Ré

Tiger savoure un morceau de viande.

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Après 45 minutes de balade, il est temps de raccompagner nos deux fauves dans leur enclos...

Nous avons vécu cette "expérience" en juillet 2014. C’est à notre retour de Tanzanie, après avoir eu le bonheur d’observer ces animaux dans leur espace naturel, que j’ai décidé de publier cette marche au rythme des lions, assuré après ce que nous avions vécu lors de notre safari photo dans les parcs du Nord que mes scrupules initiaux, pouvaient être balayés d’un revers de main, car la vérité réside dans l’observation qu’elle soit encadrée ou non.

Depuis, je trouve les critiques postées sur la toile un peu faciles...

La réserve de Fathala est un très bel endroit. Elle se distingue des autres réserves par la présence de rangers sud-africains, sur site, pour former les sénégalais dans les soins aux animaux, mais également par cette activité : la marche avec les lions...

Bien évidemment, ce ne sont pas des altruistes qui investissent leur argent dans cette réserve. Si le manque d’authenticité peut-être une critique, il ne faut pas oublier que nous sommes au Sénégal et non en Tanzanie. D'ailleurs ces lions ne seront bientôt plus approchables car trop grands.

 Enfin pour l’avoir vécu je peux témoigner que les fauves avec lesquels nous avons marché sont bien moins en danger que ceux qui sont en pleine nature à la merci des braconniers.

Si le lion régnait autrefois en maître sur le continent africain, ses populations sont aujourd’hui éclatées et décimées par l’homme. D’après les scientifiques, l’espèce pourrait s'éteindre avant  2050 et les dernières études montrent que d’ici 2035, la moitié de la population actuelle de lions aura disparu et qu’il n’en restera environ que 10 000 à l’état sauvage. Les lions d’Afrique suivent ainsi le même chemin que leurs cousins asiatiques, qui n’étaient déjà plus que 350 individus en 2014.

Si l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait déjà placé les lions d’Afrique au niveau « Vulnérable » sur la liste rouge des espèces en danger en 2004, elle a revu la situation en 2015 pour les lions d’Afrique de l’Ouest en les distinguant par une catégorie spéciale pour les classer « en danger critique d’extinction ».

Dans une prochaine publication je partagerai avec vous nos jeux avec des lionceaux dans un petit parc, situé en face de la réserve de Bandia, qui tente de réintroduire des lions pour sauvegarder l'espèce.

13 MameSénégal Accoustique
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